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Force Ouvrière de Côte d'Or

Union Départementale des syndicats Force Ouvrière de Côte d'Or,2 rue Romain Rolland,Téléphone : 03 80 67 11 51, Fax : 03 80 67 01 10, E-mail : udfo21@force-ouvriere.fr, 21 000 DIJON

PRIVATISATION DE LA ROYAL MAIL: ENTRÉE EN BOURSE DU SERVICE PUBLIC, GRÈVE DES SALARIÉS - 310713

Publié le 29 Juillet 2013 par FOCOTEDOR in Confédération

Voilà une décision que n’aurait pas reniée Margaret Thatcher, l’apôtre de l’ultralibéralisme: libéraliser la poste publique. Elle-même avait privatisé la British Gas, British Telecom et British Rail. C’est un projet qui mûrit depuis déjà plusieurs années. En 2009 déjà, les syndicats et la majorité des députés travaillistes rejetaient le projet de privatisation de la Royal Mail, qui visait à la suppression de 50.000 emplois. Le syndicat Communication Workers Union (CWU), qui représente la plupart des postiers, était notamment monté au créneau en assurant qu’aucune privatisation ne passerait.

Mais le gouvernement britannique a présenté devant les députés, mercredi 10 juillet, un nouveau projet de privatisation, après avoir menacé les syndicats de revendre la Poste aux investisseurs étrangers s’ils n’acceptaient pas le projet. D'ici la fin 2014, le service postal national, qui affiche d'importants bénéfices en atteignant les 655 millions d’euros en 2012, sera côté à la Bourse de Londres (51% des parts du service postal seront vendues par l’Etat). Royal Mail, qui compte aujourd'hui 150.000 salariés, va faire l’objet de la privatisation la plus importante depuis 30 ans, pour temporairement renflouer les caisses de l’Etat d’un peu plus d’un milliard d’euros. Le but de l’opération est aussi de diversifier la Poste britannique en ouvrant des filiales à l’étranger ou en passant des alliances, de manière à concurrencer les opérateurs privés – TNT ou DHL par exemple.

La décision est choquante, et aussi totalement irresponsable: comment expliquer que dans le marasme économique actuel, un Gouvernement applique les mêmes recettes libérales qui n’ont pas fait leurs preuves à un secteur pourtant florissant? Sans compter que dans un contexte de crise – la croissance en Grande Bretagne est au point mort sous l’effet d’une sévère cure d’austérité et les «working poors» sont toujours plus nombreux -, donner les clés d’un secteur public aux marchés, c’est ouvrir un boulevard à de nouveaux licenciements. Les citoyens britanniques eux-mêmes craignant une hausse des tarifs d’acheminement des colis et une diminution – voire une suppression – de la distribution dans les zones rurales.

Pour amadouer les syndicats, le projet envisage de céder à chaque employé 10% d’actions gratuites. La CWU ne veut pas se laisser faire - «on ne va pas vendre notre âme pour ça!» déclare son secrétaire général. Fin juin, le syndicat avait déjà lancé deux journées de grève pour assurer la sécurité de l’emploi et les salaires des employés. Elle menace aujourd’hui de les continuer. Pour la CWU, «le gouvernement agit en somnambule au milieu d’un désastre annoncé».

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