Force Ouvrière de Côte d'Or

Union Départementale des syndicats Force Ouvrière de Côte d'Or,2 rue Romain Rolland,Téléphone : 03 80 67 11 51, Fax : 03 80 67 01 10, E-mail : udfo21@force-ouvriere.fr, 21 000 DIJON

À LA VEILLE DE LA RENCONTRE PATRONAT-SYNDICATS

Publié le 20 Juin 2007 par UDFO21 in AFOC 21

  L'Union Départemental FO 21 2 rue Romain Rolland 21000 Dijon vous informe :

En guise d’éditorial, un entretien accordé par Jean-Claude Mailly au Figaro, à paraître le 19 juin.

Le Figaro: Vous rencontrez aujourd’hui, au siège du MEDEF, l’ensemble des dirigeants patronaux et syndicaux. Qu’attendez-vous de cette réunion?
Jean-Claude Mailly: Nous allons officiellement lancer les négociations entre syndicats et patronat sur le contrat de travail, l’assurance-chômage, les parcours professionnels et peut-être la représentativité syndicale.

Le Figaro: Pour engager la réforme du marché du travail donc…
Jean-Claude Mailly: Je n’aime pas beaucoup ce terme de «réforme du marché du travail», qui sous-entend que l’économie est une science exacte dans laquelle le social ne serait qu’une variable d’ajustement, mais passons… Sur ce premier thème, nous allons définir le cadre des discussions. Je ne vois pas une négociation qui se terminerait par trois accords séparés, car ces sujets sont étroitement liés. Quant à la réforme de la représentativité syndicale, je pense qu’il faut cheminer parallèlement. Je n’ai rien contre un démarrage rapide de cette négociation, mais il y a aussi une question de faisabilité. On ne pourra pas tout faire en même temps.

Le Figaro: Diriez-vous, comme la présidente du MEDEF, Laurence Parisot, que les négociations sont «historiques»?
Jean-Claude Mailly: «Historiques», je ne sais pas. Il ne s’agit en tout cas que de l’application de la loi de modernisation du dialogue social votée au début de l’année et qui stipule qu’avant d’engager toute réforme touchant au monde du travail, le gouvernement doit proposer aux interlocuteurs sociaux d’ouvrir une négociation. Il y a aujourd’hui sur ces sujets une volonté de négocier, mais de là à qualifier le moment d’«historique»... Je préfère d’autant moins me prononcer sur ce terme que les négociations s’annoncent compliquées. Nous sommes sur des terrains extrêmement complexes avec parfois de véritables fossés entre les positions des uns et des autres. Sur le contrat de travail par exemple, la marge est très étroite. Nous, nous n’acceptons pas la notion de rupture à l’amiable, qui priverait le salarié de tout recours.

Le Figaro: En regard de l’enjeu, vous sentez-vous tenu par une obligation de résultat?
Jean-Claude Mailly: Quand on entre dans une négociation, l’objectif c’est d’essayer d’aboutir, mais il n’y a pas d’obligation de résultat. Par ailleurs, la démocratie sociale n’est pas la démo-cratie politique. Un accord interprofessionnel n’est pas une loi. Nous négocions, le Parlement légifère.

Le Figaro: Pour FO, n’y a-t-il pas dans ces négociations l’occasion de rompre avec les pratiques contestataires de votre prédécesseur, Marc Blondel, pour renouer avec une attitude plus réformiste?
Jean-Claude Mailly: Je ne partage pas du tout cette vision. FO a toujours été une organisation réformiste. Nous avons toujours été partisans de la pratique contractuelle. Je vous rappelle d’ailleurs qu’en dehors de l’accord sur l’assurance-chômage, que nous étions à deux doigts d’accepter, nous avons signé tous les accords récents: égalité salariale, diversité, télétravail, accidents du travail-maladies professionnelles… Tout dépend de la qualité des accords.

Le Figaro: Il reste qu’une réforme du marché du travail aurait plus de poids, et serait sans doute mieux acceptée, avec de nombreuses signatures dont celle de FO.
Jean-Claude Mailly: Nous restons opposés aux accords majoritaires, mais notre signature serait effectivement importante pour donner du crédit à un accord.

Le Figaro: Craignez-vous que le gouvernement intervienne dans les négociations?
Jean-Claude Mailly: La position de FO a toujours été de dire qu’il ne fallait pas confier aux politiques, quels qu’ils soient, le soin de décider à notre place.

Le Figaro: C’est pourtant ce qu’a fait François Fillon avec la réforme des heures supplémentaires, sur laquelle vous n’avez pas voulu négocier.
Jean-Claude Mailly: C’est vrai que nous n’étions pas preneurs. Mais cette réforme n’était pas pour nous un objet de négociation puisqu’il s’agissait avant tout d’une question fiscale. Ce que nous avons retenu de cette réforme, ce sont les risques que les exonérations de cotisations ne soient pas compensées à la Sécurité sociale, les inégalités entre ceux qui paient l’impôt et les autres, et les effets pervers sur l’emploi. Elle ne va d’ailleurs pas être aussi simple que cela à mettre en place.

Le Figaro: Êtes-vous plus convaincu par les projets sur la TVA sociale?
Jean-Claude Mailly: Encore moins. C’est une erreur car le problème n’est pas complètement posé.
Il faut commencer par se demander, dans le financement de la protection sociale, ce qui relève de l’assurance et ce qui relève de la solidarité nationale. En tout cas, je ne crois pas à la TVA pour lutter contre les délocalisations. Même une hausse de 5 points de TVA ne serait pas à la hauteur pour concurrencer le coût des produits chinois. Sans compter l’impor-tante surévaluation de l’euro par rapport au dollar, que certains estiment à 30%. Nous tenons à ce que les cotisations restent majoritaires dans le financement car c’est ce qui fonde le paritarisme.

Le Figaro: Pourriez-vous accepter la création d’une franchise médicale?
Jean-Claude Mailly: Non. Inéluctablement, cela retarderait l’accès aux soins. Et je pense que cela créera des réactions dans la population.

Le Figaro: Et les projets sur le service minimum?
Jean-Claude Mailly: Nous serons très attentifs à ce que la loi-cadre ne porte pas atteinte au droit de grève. Maintenant, sur cette question du service minimum, il faut garder la tête froide. En 2006, la SNCF a recensé 6 043 incidents ayant généré des retards. Parmi ces incidents, 140 sont dus à des mouvements sociaux et 1 728 à des défaillances de matériel. Cela relativise le débat.

Le Figaro: Dans le même ordre d’idée, Nicolas Sarkozy, alors candidat, avait proposé d’instaurer un vote à bulletin secret au bout de huit jours de grève. En avez-vous parlé lorsque vous l’avez rencontré?
Jean-Claude Mailly: Je m’en suis bien gardé puisque cela faisait longtemps que l’on n’entendait plus parler de cette idée. Lors de nos entretiens, personne ne l’a évoquée. Je considère qu’elle est tombée à l’eau. J’ai en revanche attiré l’attention du président sur le véritable malaise qui se développe dans la fonction publique. Les fonctionnaires ont aujourd’hui de sérieuses interrogations sur leur rôle, leur mission et leur place dans la société. Avant toute chose, il faudrait ouvrir un vrai débat sur le rôle de l’État et les services publics au sens large, dans le cadre de notre système républicain.

Le Figaro: Le gouvernement n’accordera pas de «coup de pouce» au smic et souhaiterait qu’à l’avenir, son évolution soit fixée par les partenaires sociaux ou par une commission de sages.
Jean-Claude Mailly: J’ai déjà dit à Nicolas Sarkozy que le SMIC devait rester de la responsabilité des pouvoirs publics. Maintenant, que la décision d’accorder un «coup de pouce» soit éclairée par une commission indépendante, cela ne nous dérange pas. À condition bien sûr qu’il s’agisse d’une commission qui éclaire et pas d’une commission qui décide.

Le Figaro: Comment jugez-vous les premiers pas de Nicolas Sarkozy à l’Élysée?
Jean-Claude Mailly: Le protocole s’est assoupli! Lors de nos rencontres, nous avons eu des discussions franches, sérieuses et serrées. Cela dit, je n’analyse pas son élection comme un blanc-seing qui lui aurait été délivré, même si sa légitimité est incontestable. Dans ce scrutin, la population a exprimé sa volonté que les choses se fassent et qu’elles se fassent bien. Ce qui s’est exprimé, c’est la demande d’un retour au volontarisme politique. Mais «tout est possible» avec Nicolas Sarkozy.

Propos recueillis par Béatrice Taupin, François-Xavier Bourmaud et Nicolas Barré
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ycdzdgac82 20/12/2019 03:52

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