Force Ouvrière de Côte d'Or

Union Départementale des syndicats Force Ouvrière de Côte d'Or,2 rue Romain Rolland,Téléphone : 03 80 67 11 51, Fax : 03 80 67 01 10, E-mail : udfo21@force-ouvriere.fr, 21 000 DIJON

À TRAVERS L'HISTOIRE SYNDICALE

Publié le 18 Juillet 2007 par UDFO21 in Histoire Syndicale

 L'Union Départemental FO 21 2 rue Romain Rolland 21000 Dijon vous informe : 
 

Articles de René Gibère parus dans Force Ouvrière

1870 - Les grandes grèves du Creusot

Le Congrès de 1876

1884 - La grève des mineurs d'Anzin

1886 - La grande grève des mineurs de Decazeville

1895 - La Verrerie ouvrière d'Albi

1903 - La grève des carriers de Savonnières

1903 - La grande grève du textile, du Nord

1904 - Le congrès confédéral de Bourges

1906 - La Charte d'Amiens

1919 - Le Congrès confédéral de Lyon

1864 - L'Association Internationale des Travailleurs

1898 - Le Congres Confédéral de Rennes

Force Ouvrière n°501, daté du 22 septembre 1955.

Dans l'histoire du mouvement syndical une place importante est réservée aux congrès confédéraux qui par leurs objectifs et par leurs résolutions préparèrent la voie à l'amélioration de la condition ouvrière. C'est un fait indéniable que la plupart des revendications, obtenues depuis plus d'un demi-siècle, ont été énoncées, discutées et formulées d'abord aux congrès confédéraux, avant qu'elles ne soient conquises par des luttes persévérantes.

Nous avons pensé qu'il serait intéressant de jeter un regard rétrospectif sur quelques un de ces congrès historiques où jadis, non seulement les problèmes vitaux de la classe ouvrière, mais la destinée même du syndicalisme français, étaient le thème des rapports et des interventions des délégués.

Certes, l'évolution industrielle et le progrès social ont engendré des revendications nouvelles et ont modifié, dans une certaine mesure, la structure des organisations et la technique de toutes actions syndicales. Or, cette modification n'a jamais pu prendre forme, sans la décision et l'adhésion des congrès corporatifs, où de grands événements se sont passés qui ont marqué, d'une manière décisive, l'orientation du mouvement ouvrier contemporain.

Parmi les premiers congrès, un des plus intéressants fut le quatrième, tenu à Rennes, le 26 septembre 1898. Les questions qui figuraient à l'ordre du jour, reflétaient les préoccupations soucieuses des syndicalistes de l'époque.

Ainsi le ravage de l'alcoolisme qui sévissait dans le milieu ouvrier et que Zola a dépeint avec un saisissant et sombre réalisme dans L'Assommoir, avait incité le congrès de Rennes à voter une résolution sur l'antialcoolisme, en des termes significatifs: «Considérant que l'alcoolisme atrophie la conscience et réduit la force de résistance du prolétariat, suggère la réduction de la journée de travail, l'application au travail humain de règles hygiéniques et rigoureuses. La garantie de conditions humaines de travail et l'élévation des salaires donneront aux travailleurs la possibilité de s'affranchir du besoin d'alcool.»

D'autre part, l'exploitation honteuse de la main d'oeuvre féminine, qui durait encore à la fin du siècle dernier, fut particulièrement discutée. La résolution sur le «Travail des femmes», réclamait énergiquement l'application du principe: «A travail égal, salaire égal» pour la femme qui doit subvenir à ses besoins... Qu'une active surveillance des industries insalubres et dangereuses ait lieu... Empêcher le travail féminin dans certaines professions qui sont une cause de démoralisation et retarde leur émancipation... Application de la loi de 1892 sur le travail des femmes et de la journée de huit heures, avec repos hebdomadaire à toutes les ouvrières et employées.

C'est à la suite de la campagne de la Confédération Générale du Travail qu'une nouvelle loi fut promulguée, le 29 décembre 1900, réglementant les conditions de travail des femmes.

De même, l'exploitation des enfants par les patrons, sans scrupule, avait longuement préoccupé le Congrès qui recommanda aux syndicats d'exiger la mise en pratique de la loi, relative au contrat d'apprentissage, pour mettre fin aux abus révoltants. Deux ans plus tard, une loi stipulait, en effet, les conditions de travail des enfants.

Ainsi, certaines de ces résolutions, de caractère social, votées par le congrès confédéral de 1898, furent transformées en lois et mises en application, dont le mérite revient d'abord à la Confédération Générale du Travail qui, soucieuse de l'intérêt de la classe ouvrière, prit, pour la première fois, l'initiative nécessaire.

René Gibère

 

 

 

Commenter cet article