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L'UIMM envisage de placer son pactole de 600 millions d'euros dans une fondation

Publié le 24 Octobre 2007 par UDFO21 in udfo21

SOURCE LES ECHOS [ 19/10/07  ]

GUILLAUME DELACROIX
 

Devant le conseil de l'Union des industries et métiers de la métallurgie qu'il préside, Denis Gautier-Sauvagnac a expliqué en détail, hier, le fonctionnement de la caisse de secours ayant permis de sortir plusieurs millions d'euros en liquide.

Les contours du trésor de guerre de l'UIMM se précisent chaque jour davantage. A la faveur de ce que les membres de l'Union des industries et métiers de la métallurgie appellent « la semaine du troisième jeudi » au cours de laquelle, chaque mois, se réunissent successivement tous les secrétaires généraux, puis tous les présidents et enfin le bureau, Denis Gautier-Sauvagnac vient de faire de nouvelles révélations. Devant ses adhérents, le président de l'UIMM a assuré hier que l'argent liquide servant à « fluidifier » le dialogue social, provenait d'un seul fonds informel, baptisé « Entraide pour les industries métallurgiques » (Epim). Créé en 1972, cette caisse de secours sans existence juridique n'est que la résurgence d'une première structure ouverte après les grandes grèves de 1947. A l'origine, 2.000 entreprises y cotisaient, sur la base du volontariat, à hauteur de 0,02 % de leur masse salariale, laquelle représentait 1,3 million de salariés, soit la moitié des effectifs de la métallurgie. Aujourd'hui, elles ne sont plus qu'une centaine à verser une contribution de 0,004 %.

La crise de l'industrie est passée par là mais, entre-temps, le système a bien vécu, à la faveur de mai 1968 puis de l'arrivée de la gauche au pouvoir, en 1981, deux événements anxiogènes pour le patronat. Il est conçu comme une assurance, a souligné « DGS », pas comme un fonds « anti-grève ». En clair, l'Epim sert, officiellement du moins, à indemniser les entreprises touchées par un mouvement social, pour réparer des pots cassés ou combler un manque à gagner de chiffre d'affaires.

Industrie ou emploi des jeunes

La loi Waldeck-Rousseau de 1884, sur laquelle reposent les statuts de l'UIMM, autorise cette pratique : « Les syndicats professionnels de patrons ou d'ouvriers pourront, sans autorisation, constituer des caisses spéciales de secours mutuel. » Mais cela doit se faire « en se conformant aux autres dispositions de la loi », précise le texte. Or, ainsi que le reconnaît un membre du bureau de l'organisation, « l'Epim sert aussi en préventif auprès des syndicats, pour éviter la grève ».

Au fil du temps, entre les cotisations amassées et les indemnités effectivement versées aux entreprises, un pactole de 160 millions d'euros a été constitué.

Placé en sicav et autres obligations, via une trentaine de comptes bancaires, il rapporte des intérêts et s'élève actuellement à 290 millions d'euros, a déclaré « DGS » à son conseil, à quoi s'ajoutent des plus-values latentes (la valeur des placements en Bourse) d'environ 300 millions d'euros. Au total, l'UIMM dispose donc d'un potentiel de près de 600 millions d'euros, comme l'indiquait hier « Le Parisien ». Les dirigeants de la métallurgie s'interrogent maintenant sur le devenir de cette somme. Certains proposent d'ouvrir une fondation en faveur du développement de l'industrie ou de l'emploi des jeunes. « Peut-être que cet argent va être saisi par la justice », observe Laurence Parisot. « C'est monstrueux, j'ai le sentiment d'être salie par cette affaire », a confié la présidente du Medef sur RMC.

GUILLAUME DELACROIX
 

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