Force Ouvrière de Côte d'Or

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GRAND-MESSE À L’ELYSÉE - 191207

Publié le 19 Décembre 2007 par UDFO21 in AFOC 21


Dialogue social
 
Nicolas Sarkozy organise aujourd’hui sa «conférence sociale» pour fixer le calendrier et les thèmes de son vaste «agenda social» de réformes.

Patronat et syndicats sont invités à participer aujourd’hui à une «conférence sociale» à l’Élysée. Le président Nicolas Sarkozy veut définir avec eux le calendrier et les thèmes d’un «agenda social» de réformes à lancer en 2008. Il s'agira ainsi de «faire le point sur les réformes en cours, de mettre en cohérence les réformes à venir, de fixer des calendriers et de déterminer les responsabilités de chacun». Parmi les thèmes qu’il souhaite aborder figurent notamment, la «conditionnalité des allégements de cotisations sociales pour dynamiser», les négociations salariales dans les entreprises, le fonctionnement du marché du travail (contrat de travail, assurance chômage, sécurisation des parcours professionnels), le service public de l’emploi (fusion ANPE-UNEDIC) ou encore les conditions d’un «dialogue social renforcé et efficace» (représentativité et financement des syndicats, validité des accord collectifs en matière de temps de travail).

Lors de cette rencontre au sommet, les cinq confédérations syndicales (FO, CGT, CFDT, CFTC et CGC) et les trois organisations (MEDEF, CGPME et UPA) ne devraient donc pas être appelées à rentrer dans le fond des sujets précités. A FO, on reste sceptique sur ce genre de grand-messe et on en n'attend ainsi pas grand chose. Le secrétaire confédéral René Valladon – dont l’organisation, hasard du calendrier, fête aujourd’hui ses «60 ans de liberté et d’indépendance syndicales» – rappelle que le gouvernement ne s’est pas vraiment embarrassé du dialogue social avec ses récentes «annonces unilatérales» sur des sujets comme les RTT, le pouvoir d'achat, le travail le dimanche, qui «sont pourtant typiquement du ressort des interlocuteurs sociaux».

La manière avec laquelle le travail dominical a été récemment (mal)traité illustre parfaitement la duplicité dénoncée par FO. Lorsqu'il avait annoncé sa conférence le 29 novembre, M Sarkozy avait indiqué que ce sujet serait aujourd’hui au menu des discussions. Il n’y figure plus. Il semblerait désormais que l’exécutif veuille maintenant écarter toute consultation à ce propos, sachant que tous les syndicats sont hostiles à une banalisation du travail du dimanche. Sinon, le gouvernement n’aurait pas laissé le Sénat adopter le 14 décembre un amendement au projet de loi sur la consommation visant à autoriser l'ouverture le dimanche des «établissements de commerce de détail d'ameublement». Avec cette explication plutôt surprenante du secrétaire d'Etat à la consommation, Luc Chatel: il y avait «urgence» car des enseignes ont été condamnées pour avoir ouvert le dimanche! Et, selon lui, il y a dans ce secteur une «conjugaison» entre «la volonté des consommateurs qui veulent faire leurs achats le dimanche, des professionnels qui veulent faire des affaires, et des salariés qui veulent travailler plus pour gagner plus» qu’il fallait faire respecter. En clair, il ne faut pas appliquer la loi par la justice à ceux qui l’enfreignent depuis des années...au nom du business.

Parmi ces magasins sur le point d’être condamnés, notamment sur assignation de FO, on trouve les Conforama, Casa, Fly Atlas et autre Ikea du Val-d'Oise. L’amendement sénatorial passe là-bas d’autant plus mal qu’il a «fait capoter un accord exemplaire et fort» qui allait être conclu avec Ikea, a rapporté le syndicat FO-Commerce, selon lequel, «les salariés ne sont jamais volontaires car ils sont toujours contraints économiquement». Pour les syndicats, la liberté laissée aux enseignes d'ameublement est une brèche annonciatrice d'autres atteintes au repos dominical. Une campagne vient d’ailleurs d’être lancée sur ce thème par FO.

Dans ce contexte, la position du Conseil économique et social (CES) dévoilée mardi vient à point nommé. «Le dimanche doit rester un jour différent des autres», met en garde le CES, avant de se prononcer, contre toute «nouvelle dérogation de plein droit n'est à envisager». Et il ajoute : «le dimanche, marqueur historique, culturel et identitaire (…) doit rester un jour différent des autres». Une condamnation explicite de l'amendement sénatorial et plus largement de toutes les velléités sur le sujet. 

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