Force Ouvrière de Côte d'Or

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Exclusif LSA : les prix et l'inflation dans les 126 plus grandes villes de France - 080308

Publié le 8 Mars 2008 par UDFO21 in AFOC 21

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LSA publie demain matin une enquête exclusive sur les prix et l'inflation dans les 126 plus grandes agglomérations de France d'après les relevés effectués par Nielsen en février 2008 (comparés à février 2007) dans plus de 5000 grandes surfaces alimentaire



Heureux consommateurs de Charleville Mézières ou de Nancy ! Selon l'enquête exclusive que LSA publie demain matin, ces deux villes sont en effet les moins chères des 126 plus grandes agglomérations de France d'après les relevés effectués par Nielsen dans plus de 5000 grandes surfaces alimentaires françaises - les hypermarchés, supermarchés et les hard discounters - sur plus de 20 000 articles (produits alimentaires, produits frais libre service, hygiène beauté et bazar léger), soit plusieurs dizaines de millions de prix passés à la moulinette...

L'écart avec la ville la plus chère, Ajaccio, est de 22 % mais on peut considérer que l'insularité de cette ville est une exception, donc si l'on prend son suivant immédiat, Versailles (indice 102,76) l'écart de niveau de prix passe à un peu plus de 9 %, soit 9 euros de différences sur un chariot de 100 euros. Et l'écart de ces villes les moins chères avec la moyenne française est d'un peu plus de 7,5 euros.

Autre enseignement de l'étude menée en février, malgré ces niveaux de prix très différents d'une ville à l'autre, la hausse des prix est relativement contenue, puisque dans la ville la moins inflationniste, Albi, les hausses des produits de grande consommation (alimentation, produits frais, hygiène-beauté, bazar léger) atteignent + 1,3 % à comparer aux + 3,7 % de la ville qui a été la plus inflationniste sur un an, Aix en Provence.

On est en tout cas très loin des chiffres fantaisistes lancés récemment. Globalement en effet la hausse moyenne des prix en France des produits vendus en grandes surfaces est de 2,4 % et de 4 % pour les produits frais...

Plusieurs enseignements sont à tirer de cette étude. Le premier c'est que les prix sont loin d'être uniformes en France, ils dépendent en grande partie du contexte local et cette enquête le démontre de façon éclatante.

L'environnement commercial est très important. Prenez le Nord-est de la France, avec Charleville-Mézières, Nancy, Metz ou Calais qui figurent parmi les six villes au prix les plus bas, le hard-discount y tient une place historique et très importante. Les Vosges, le Pas-Calais, la Moselle et les Ardennes sont en effet les quatre départements les mieux dotés avec une densité commerciale de 80 à 96 m² pour 1000 habitants, quand la moyenne nationale est à 48,06 m²

Le niveau de vie des habitants joue aussi beaucoup. Ainsi le département des Hauts-de-Seine qui compte 7 agglomérations dans le top 15 des villes les plus chères de France (Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux, Rueil-Malmaison, Clamart, Nanterre, Neuilly-sur-Seine et Courbevoie) est le plus riche de France, c'est aussi le département le plus chichement doté en hard discounters (18,28 m² pour 1000 habitants). Même constat pour les Alpes-Maritimes (20,90 m² de densité en hard-discount) où Nice dépasse de 2,31% le niveau de prix national.

Mais il n'y pas que le hard discount ou les revenus qui jouent, l'intensité concurrentielle est un autre facteur clé. Nantes est un très bel exemple : si cette ville est une des moins chère de France (indice 97,7) malgré un niveau de vie assez élevé et des couts d'exploitation importants c'est parce que toutes les grandes enseignes s'y livrent une bataille acharnée et aussi que les trois groupes de commerçants indépendants de France, Leclerc, Intermarché et Système U y sont très présents au point de se livrer une très forte compétition interne.

Enfin, les coûts d'exploitation pèsent aussi beaucoup dans les prix. Le coût du foncier, les loyers, les conditions de travail sont très différentes entre Paris, Neuilly ou Charleville et Calais (4ème ville la moins chère de France). La Corse et Ajaccio qui ferme les marches du classement sont ainsi pénalisés par des coûts de transport qui augmentent mécaniquement de 3 à 5 % les prix de vente des produits.

Au passage le prix n'est pas non plus unique en Europe, beaucoup d'hommes politiques ont fait état ces derniers jours d'écarts de prix abyssaux (30 % !) entre la France et l'Allemagne - le pays du hard discount. En fait, selon Nielsen, l'écart sur 140 produits de grandes marques se chiffre à 7 % sachant que la France est 3 % moins chère que l'Italie, 5 % que l'Espagne et 6 % que la Belgique sur ce panier de produits.

Le contexte électoral a visiblement fait perdre de leur sérénité à un certain nombre de responsables politiques, suscitant une grande inquiétude chez les Français. Cette enquête permet de rétablir des vérités : oui les prix augmentent en France, oui c'est inquiétant notamment sur les produits alimentaires, oui cela devrait se poursuivre encore quelques mois, mais pas aux niveaux délirants annoncés ici et là. Enfin, gare aux comparaisons trop lointaines car les prix s'adaptent aux contextes et aux besoins locaux....

Jérôme Parigi avec la rédaction

Ci-dessous, les tableaux sous format Excel
 

 

Article du 05/03/2008 - @ Contactez la rédaction de LSA

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