Force Ouvrière de Côte d'Or

Union Départementale des syndicats Force Ouvrière de Côte d'Or,2 rue Romain Rolland,Téléphone : 03 80 67 11 51, Fax : 03 80 67 01 10, E-mail : udfo21@force-ouvriere.fr, 21 000 DIJON

LES DÉRÉGLEMENTATIONS CONTINUENT, MALGRÉ LES POSTURES MORALES-260908

Publié le 26 Septembre 2008 par UDFO21 in AFOC 21

LE SERVICE COMMUNICATIONS DE L'UNION DEPARTEMENTALE FORCE OUVRIERE DE COTE D'OR VOUS INFORME DE :

Politique économique


Tout en condamnant un système capitaliste qui a conduit à la débacle financière, Nicolas Sarkozy n'entend rien changer aux réformes qui l'inspire.

 
Le discours de Nicolas Sarkozy prononcé jeudi soir Toulon (Var) fut sans surprises (voir notre article 25 septembre). Si le président a une nouvelle fois dénoncé le dévoiement du capitalisme à l’origine de la crise financière qui secoue actuellement la planète, il a réaffirmé qu’il ne changerait rien à sa politique de déréglementation : réduction de dépenses publiques (suppression de 30.600 postes de fonctionnaires confirmée), conservation en l’état du bouclier fiscal, maintien sans condition des exonérations de cotisations pour les entreprises, disparition de la taxe professionnelle (après la fusion des département avec les régions), indexation des parachutes dorés et autre retraite chapeau aux performances des entreprises, élargissement de l’intéressement et de la participation… Autant de mesures déjà engagées ou projetées depuis un moment.

Point d’orgue de son discours, pour éviter qu’une telle crise financière ne se reproduise à l’avenir: «l'autorégulation pour régler tous les problèmes, c'est fini. Le laisser-faire, c'est fini. Le marché qui a toujours raison, c'est fini». Il faudra «réglementer les banques pour réguler le système» et «il faudra imposer aux banques de financer le développement économique plutôt que la spéculation», a-t-il martelé. Mais que les grands banquiers se rassurent, «quoi qu'il arrive, l'Etat garantira la sécurité et la continuité du système bancaire et financier français», car si «les banques devaient êtres mises en difficulté par la spéculation », M. Sarkosy n'accepterait «pas qu'un seul déposant perde un seul euro parce qu'un établissement financier se révèlerait dans l'incapacité de faire face à ses engagements». Autrement dit, comme est en train de le faire l’administration Bush aux Etats-Unis (voir notre du mardi 23 septembre), l’exécutif français est prêt à utiliser les deniers de l’Etat pour racheter les actifs pourris des banques et des assurances qui ont joué sans états d’âme avec l’argent de leur clients (ménages, entreprises, actionnaires). Néanmoins, il faudra rechercher «les responsables de ce naufrage» et les «sanctionner au moins financièrement», a précisé M. Sarkozy, pour qui «l'impunité serait immorale» dans la mesure où «on ne peut pas se contenter de faire payer les actionnaires, les clients et les salariés les plus modestes en exonérant les principaux responsables» Ce qui «serait ni plus ni moins qu'une injustice de grande ampleur» a-t-il ajouté.

Mais que les Français se rassurent également : «dans la situation où se trouve l'économie, je ne conduirai pas une politique d'austérité parce que l'austérité aggraverait la récession», a lancé le chef de l'Etat. Lequel n'acceptera «donc pas des hausses d'impôts et des taxes qui réduiraient le pouvoir d'achat des Français car notre objectif c'est de leur rendre du pouvoir d'achat et non de leur en prendre». Cela étant dit, il a prévenu que «la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d'achat» et qu’il faudra travailler encore plus pour gagner plus. En clair, c’est sauve qui peut!

Il en est ainsi du chômage, les inscriptions à l'ANPE en catégorie 1 ont augmenté de 2.100 en juillet, soit la cinquième hausse mensuelle et la troisième hausse consécutive depuis mai. Et les chiffres pour le mois d'août, qui doivent être rendus publics lundi soir, risquent d’être les plus mauvais depuis mars 1993. Il faut s’attendre à 40.000 chômeurs supplémentaires, si l’on en croit une source de la DARES (ministère de l'Emploi) citée par le journal en ligne Rue89. Ce qui ne serait pas étonnant, sachant que l'économie française a détruit plus d'emplois qu'elle n'en a créés au deuxième trimestre. L'emploi salarié dans les entreprises du secteur concurrentiel a baissé en effet de 0,1% au deuxième trimestre 2008 (-9.100 postes), par rapport au même trimestre de 2007 (chiffres définitifs de l'INSEE).

Quant au pouvoir d'achat, le salaire mensuel de base (SMB) a accusé en moyenne une perte de 0,4 point au deuxième trimestre, comme au premier, et il faut remonter à 1995 pour retrouver une progression des prix plus rapide que le SMB, selon l’indice définitif de la DARES (ministère de l'Emploi), Ainsi, après avoir baissé de 0,4% entre juin 2007 et juin 2008, le pouvoir d’achat des ménages devrait reculer de 0,8% cette année, prédit l'Institut national de la consommation.

D’où cette réaction de FO : «il n’y a rien de très rassurant dans le discours de Toulon» (rien sur les salaires, rien sur le pouvoir d’achat et rien sur la prime transport) «les salariés apprécieront : pour les spéculateurs, un discours sur l’éthique en défense du capitalisme, pour les salariés de la sueur et des larmes». Et comme on dit à la confédération, le pouvoir d’achat vaut bien une grève. Dans la matinée, son leader, Jean-Claude Mailly, s'était de nouveau prononcé pour «journée d'action interprofessionnelle et intersyndicale bloquant le pays».
Commenter cet article