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Plus d'Etat, moins de fonctionnaires - 311008

Publié le 31 Octobre 2008 par UDFO21 in FO Fonctions Publiques

LE SECTEUR FONCTIONS PUBLIQUES DE L'UNION DEPARTEMENTALE FORCE OUVRIERE DE COTE D'OR VOUS INFORME DE :

Plus d'Etat, moins de fonctionnaires: équation impossible pour les syndicats

Les syndicats ont jugé vendredi contradictoire la volonté affichée par Nicolas Sarkozy de remettre l'Etat au coeur de l'économie, au moment même où, selon eux, il affaiblit son bras armé en diminuant le nombre des fonctionnaires, une équation impossible à leurs yeux.Lire la suite l'article

Le président a détaillé jeudi des mesures "exceptionnelles" de soutien à l'économie, dont la création d'un fonds d'investissement public chargé d'intervenir "massivement" dans les entreprises en difficulté. "Tout concourt à ce que nous nous interrogions sur la redéfinition du rôle de l'Etat dans l'économie", a-t-il souligné, dénonçant "l'idéologie de la dictature des marchés".

Dans le même discours, évoquant les récentes manifestations de fonctionnaires, le chef de l'Etat a déclaré: "Que des gens viennent de bonne foi nous demander en réponse à la crise (...) davantage d'emplois publics, je me demande s'ils ont bien compris dans quel monde nous vivons!".

La FSU, première fédération de la Fonction publique d'Etat, lui a immédiatement reproché de "jeter une nouvelle fois les fonctionnaires en pâture à l'opinion". "A un moment où cette crise touche l'économie dite réelle, peut-on se permettre de refuser d'investir dans les services publics", a-t-elle demandé.

"Ce n'est quand même pas au moment où tout le monde dit qu'il faut un retour de l'Etat (...) qu'il faut le démanteler", a également déclaré le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, en référence aux 30.600 suppressions de postes de fonctionnaires prévues en 2009.

"Est-ce que l'Etat a aujourd'hui encore les moyens de vérifier que les décisions qu'il prend sont bien appliquées?", s'est-il interrogé, soulignant que "ce n'est plus le cas aux Etats-Unis", où "les hauts fonctionnaires disent ne plus être assez nombreux pour vérifier que l'argent" débloqué par les pouvoirs publics pour faire face à la crise financière "va bien dans le circuit" prévu.

François Chérèque (CFDT) a quant à lui décrit "un Nicolas Sarkozy qui a quelques accents étatistes au niveau économique mais qui, au niveau social, s'inspire beaucoup du thatchérisme".

Pour le politologue René Mouriaux, le "volontarisme" du président "se heurte à des contradictions profondes". "Plus la société se complexifie, plus on a besoin de fonctionnaires pour répondre aux besoins croissants", a-t-il déclaré.

"L'allongement de la durée de vie et le nombre croissant de personnes âgées dépendantes fait qu'on a besoin de plus de personnels dans les hôpitaux, les maisons de retraite", a-t-il ajouté. De même, en matière d'écologie par exemple, "on a et on aura un besoin croissant de contrôle de la qualité de l'eau, du lait, etc".

Une situation qu'illustre un récent documentaire de France 2 sur des actes de maltraitance dans une maison de retraite.

Après avoir mis l'accent sur les sanctions qu'elle entendait infliger à l'établissement dont elle ne connaissait alors pas le nom, la secrétaire d'Etat à la Solidarité Valérie Létard a découvert qu'il souffrait de gros problèmes d'effectifs - 16 postes d'infirmiers et autant de postes d'aide-soignants non pourvus - et annoncé la création d'une "cellule de recrutement pour procéder à ces embauches".

Pour la fédération CGT des services publics, M. Sarkozy risque en outre de "garrotter les collectivités locales", avec des exonérations de la taxe professionnelle qui les finance en partie. D'un côté, on "renfloue les banques avec 360 milliards d'euros d'argent public", de l'autre on "asphyxie le service public territorial", a-t-elle déploré.

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