Force Ouvrière de Côte d'Or

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Le sketch de Sarkozy aux chercheurs - 060209

Publié le 6 Février 2009 par UDFO21 in AFOC 21

LE SERVICE COMMUNICATIONS DE L'UNION DEPARTEMENTALE FORCE OUVRIERE DE COTE D'OR VOUS INFORME DE :

Enseignement supérieur

LE MONDE UNIVERSITAIRE DANS TOUS SES ÉTATS

Une large coordination (FO, CFDT, CGT, FSU et SUD, Sauvons la recherche, Sauvons l'université, UNEF) a appelé à une grève illimitée sur tous les campus pour s’opposer à plusieurs réformes gouvernementales animées par la seule logique comptable.

 
Il y a « plus de chercheurs statutaires (et) moins de publications et pardon, je ne veux pas être désagréable, à budget comparable, un chercheur français publie de 30 à 50% en moins qu’un chercheur britannique dans certains secteurs. Évidemment, si l'on ne veut pas voir cela, je vous remercie d'être venu, il y a de la lumière, c'est chauffé... On peut continuer, on peut écrire. C'est une réalité et si la réalité est désagréable, ce n'est pas désagréable parce que je le dis, c'est désagréable parce qu'elle est la réalité, c'est quand même cela qu'il faut voir».




Prononcées le 22 janvier dernier à l’occasion du lancement de la «réflexion pour une stratégie nationale de recherche et d’innovation» à l’Elysée, ces déclarations de Nicolas Sarkozy résument, à elles seules, la considération que l’exécutif porte aux chercheurs. Mais, au-delà de la condescendance présidentielle, le propos est surtout un condensé de la politique en matière de recherche du gouvernement qui s’emploie à imposer, là comme ailleurs, un raisonnement comptable redoutable. D’où l’explosion de colère du monde universitaire et de la recherche qui a décidé de se mobiliser contre une politique si inacceptable.

Composée de plusieurs collectifs de professeurs ou de chercheurs («Sauvons la recherche», « sauvons l’université») et de syndicats des personnels universitaires (FO, CFDT, CGT, FSU et Solidaires), une vaste coordination nationale des universités a appelé lundi à une grève illimitée ainsi qu’à une manifestation nationale le 10 février à Paris contre les réformes engagées ou programmées par la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse.

Parmi les projets contestés figure en particulier la modification du décret de 1984 sur le statut des quelque 57.000 enseignants-chercheurs. En application de la loi de 2007 sur l'autonomie des universités, ce projet prévoit notamment de transférer aux présidents d’universités la gestion des carrières des maîtres de conférences et professeurs d’université. Ce qui donnerait aux présidents des universités le pouvoir d’évaluer les enseignants, de gérer leurs primes et leur emploi du temps. Ainsi, un président d’université pourrait imposer à ses profs plus d'heures d’enseignement que le service annuel de référence, soit 128 heures de cours magistraux (Amphi) ou 192 heures de travaux dirigés ou pratiques. Et ce au détriment du temps consacré aux travaux de recherche.

L’autre réforme contestée est celle visant à transformer les organismes de recherche, comme le CNRS ou l’INSERM, en «agence de moyens». Pour FO, si ces deux «contre-réformes devaient être mise en œuvre, ce serait alors le règne de l’arbitraire». Comment en effet un président d’université dont le domaine est le droit pourrait-il se permettre d’évaluer un prof de mathématique? A cela s’ajoute la réforme de la formation des enseignants qui prévoit, dès 2010, d’alléger tous les contenus des concours de professeurs (agrégation, CAPES). Lesquels ne seraient plus préparés au sein des IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) mais dans le cadre des nouveaux masters d'enseignement (bac + 5). La colère des universitaires est alimentée enfin par les 900 suppressions de postes programmées cette année dans le supérieur.

D’où le succès naissant de l’appel de la coordination nationale des universités qui a fédéré déjà 72 des 84 campus des universités, des grandes écoles et Institut d’études politique (IEP). Les enseignants-chercheurs de l’IEP d'Aix-en-Provence avaient même devancé cet appel en décidant, dès vendredi, de se mettre en faire grève, une première dans l'histoire de cet établissement créé en 1956. Dès lundi, près de la moitié des activités d'enseignement était touchée par la grève des cours. Depuis, le mouvement fait tâche d’huile dans toutes les villes universitaires où des assemblées générales (AG) ont été organisées pour appeler à la Grève, reconductible et illimitée. Ce jeudi, une vingtaine de manifestations sont prévues à Paris et dans plusieurs villes de province (Lille, Lyon, Toulouse, Montpellier, Nantes, Le Mans..). La mobilisation pourrait encore s’amplifier vu que le principal syndicat étudiant, l’UNEF, a appelé les étudiants à rejoindre le mouvement des enseignants.

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