Force Ouvrière de Côte d'Or

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PÔLE EMPLOI SOUS PRESSION - 110309

Publié le 11 Mars 2009 par UDFO21 in AFOC 21


Issu de la fusion entre l’ANPE et les ASSEDIC, l’organisme est débordé depuis le début de l’année par l’afflux des chômeurs.

FO réclame une augmentation significative des effectifs pour y faire face tant la situation est explosive.

 
La création de «Pôle emploi», ce devait être LA Réforme taillée sur mesure pour les chômeurs. Né de la fusion entre l’ANPE et les ASSEDIC au début de l’année, l’organisme devait assurer à la fois l'inscription, l'indemnisation et l'accompagnement personnalisé (projet professionnel, formation, reclassement...) des demandeurs d’emploi ainsi que la gestion du contrat de transition professionnelle ou des aides aux petites entreprises. Sauf que la mise en oeuvre de cette refonte du service public s’est avérée être une descente dans le maelström pour les chômeurs, comme pour les personnes chargées de les guider.

Les 45.000 agents de Pôle emploi sont en effet débordés avec l’explosion du chômage (90.200 inscrits pour le seul mois de janvier). Ils le sont d’autant plus qu’ils doivent dans le même temps se former eux-mêmes. Les 30.000 agents issus de l’ANPE qui devaient jusque-là s’occuper d’inscrire d’orienter les salariés privés de travail ou encore prospecter les offres d'emploi des entreprises doivent désormais maîtriser les ressorts de l’indemnisation (taux de remplacement, filières, action sociale) tandis que les 15.000 personnels des ASSEDIC, doivent, eux, connaître, de la même manière, les taches dévolues jusqu’à présent exclusivement à leurs homologues.

«Pour les agents ANPE, il est prévu trois jours de formation c’est notoirement insuffisant», explique Stéphane Lardy, secrétaire confédéral chargé des questions d’Emploi à FO, avant de préciser que, «ces formation ne peuvent même pas être dispensée en l’état actuel des choses dans la mesure où ils doivent parer au plus pressé, c’est-à-dire les inscriptions afin que les chômeurs puissent toucher leur indemnités dans les meilleurs délais». Les agents ont du délaisser ainsi la prospection des offres d'emploi auprès des entreprises pour se concentrer sur cette mission tant les retards s’accumulaient. Et pour cela, ils n’ont pas lésiné sur leurs heures supplémentaires ou les RTT. Le secrétaire d'Etat en charge de l'Emploi, Laurent Wauquiez, a d'ailleurs reconnu le travail qu’ils ont réalisé en faisant état mardi dernier d'une «inflexion remarquable» en moins d'un mois, de «89.700 à 57.000» dossiers traités.



Reste que cette situation est intenable au long cours avec l’aggravation du chômage. D’où la sonnette d’alarme tirée vendredi par la plupart des syndicats lors du Conseil d’administration de Pôle emploi qui s’est réuni vendredi. FO a demandé que ses «effectifs soient renforcés afin de faire face» car, estime la confédération, «pour assurer ce service public essentiel dans une situation économique et sociale extrêmement dégradée, il est nécessaire (…) de permettre aux agents et salariés de travailler dans de bonnes conditions». Pour Stéphane Lardy, «l’urgence est désormais de mettre le paquet sur l’indemnisation et l’accompagnement des chômeurs».

M. Wauquiez s’était dit jeudi prêt à «renforcer les effectifs en plus» à Pôle emploi si nécessaire pour répondre à la charge de travail provoquée par l'afflux de chômeurs, tout en précisant que «ce ne sera pas des mille et des cent». Le directeur général de Pôle emploi, Christian Charpy, semble, lui aussi, mesurer enfin l’étendu du problème. Les priorités d'action iront à l'inscription, l'indemnisation et l'accompagnement des chômeurs, a-t-il exposé aux syndicats, après avoir concédé que 52 000 dossiers d'indemnisation restaient en instance de traitement. Il a annoncé l'embauche de 400 équivalents temps plein en CDD pour remplacer les personnes en formation, des recrutements anticipés pour remplacer les départs en retraite, pour mettre plus de gens en lien direct avec les chômeurs. Il en faudra sans doute beaucoup plus pour atteindre les objectifs de la convention Etat-Pôle emploi, qui prévoit 60 demandeurs d'emploi suivis par conseiller, sachant que ce suivi mensuel des inscrits au cours des dernières semaines n’a pas encore commencé.

Selon Stéphane Lardy (FO), «on est encore loin du compte et les agents attendent une réelle hausse des d’effectifs et pas de simples redéploiements liés à la fusion. La réponse des pouvoirs publics est d’autant plus urgente que les employés de l’organisme travaillent dans des conditions extrêmes. Ils sont parfois confrontés à des violences physiques de la part de chômeurs mécontents par les délais de traitement de leur dossier». C’est pourquoi, en conclut-il, la priorité n’est plus de hâter la mise en place des sites mixtes ANPE-ASSEDIC ou des référents uniques pour les demandeurs d’emplois, mais au service rendu aux usagers». Et FO de rappeler, au passage, que la décision gouvernementale de fusionner des deux entités relevait du hold up financier sur les ressources (cotisations) de l’UNEDIC qui devait être, selon les prévisions, excédentaires à partir de juillet 2009. C’était avant que la crise économique s’installe pour une durée inconnue
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