Force Ouvrière de Côte d'Or

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Séquestration de Grand Patron - 070409

Publié le 7 Avril 2009 par UDFO21 in AFOC 21

 

LE SERVICE COMMUNICATIONS DE L'UNION DEPARTEMENTALE FORCE OUVRIERE DE COTE D'OR VOUS INFORME DE 


Cela Finira Forcément Mal

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Avec la crise, une nouvelle méthode de contestation est apparue. Elle ne s’est pas faite de gaieté de coeur évidemment. Mais quand comme les représentants de l’Etat traînent des pieds et que le patronat reste sourd, aveugle et non comprenant, les syndicats ont dû radicaliser leurs mouvements.

Ainsi on apprenait hier, en début de soirée, que le président du groupe PPR Pinault-Printemps-Redoute, le multi-milliardaire François-Henri Pinault avait été bloqué dans son taxi par 50 salariés , qu’on imagine aisément syndicalistes.
1h d’attente et de frayeur pour le richoud sortant d’un comité d’entreprise européen en plein Paris.
Il a été libéré manu-militari par les forces de police alors même que le commissaire chargé des négociations faisant justement semblant de les mener. Le tout sous les huées et les cris de “Pinault sale escroc, la crise elle a bon dos !”

Pourquoi?
Après les déboires de la Redoute, preuve d’une excellente gestion et d’une capacité à prévoir, ce sont les entreprises Conforama et Fnac a subir la menace de la suppression plus d’un millier d’emplois.

Entre la Fnac synonyme d’Arnaque avec ses prix élevés et la Redoute qui n’a pas su gérer à temps la révolution internet, on peut évidemment se demander si ce ne sont pas les têtes pensantes qu’il faille virer plutôt que les petits mains.
D’après les bannières déployées, la manifestation musclée concernait essentiellement la Fnac Bastilles menacée de fermeture, ni plus ni moins.

Les précédents

Ce n’est pas la première fois que de tels événements surviennent. Certains responsables 3M, Sony-France, Caterpillar ont connu ou connaissent les mêmes méthodes de contestation.

Preuve, s’il en était besoin, de montrer le véritable ras-le-bol des salariés du privé. Le plus abject là-dedans, c’est qu’au même conséquence, on retrouve insidieusement les mêmes raisons. D’un côté l’entreprise subit des licenciements, des plans sociaux qui n’ont de sociaux que le nom d’ailleurs. De l’autre, des dividendes déraisonnables sont versés malgré tout aux actionnaires 420 millions d’euros pour l’exercice 2008 chez PPR. Chez Continental, la maison mère reste bénéficiaire en milliards malgré la conjoncture économique mais ne s’est pas privé pour demander une rentabilité toujours plus importante quitte à délocaliser en Pologne, pour passer le pneu de 10 à 5 euros de prix de revient.

Jusqu’au où?

Pour que le message passe, pour que l’Ethique et la Raison reprennent la place qu’elles n’auraient jamais dû perdre dans les instances dirigeantes des entreprises, que faudra-t-il?

Est-ce que les grands patrons membre du MEDEF souhaitent voir un des leurs subir le même sort que celui subit par un patron indien roué de coups jusqu’à la mort par ses employés? Evénement tragique qui avait dans un premier temps reçu la compréhension du Ministre du Travail indien, avant de se rétracter. C’est dire…

200 ans après la révolution française, la situation a juste été transposée, finalement. Les représentants de l’Etat trahissent leurs propres électeurs, sont impuissants quand ils ne sont pas incompétents ou corrompus.
Une minorité de personnes se goinfre et parvient même à justifier ce gavage organisé, pendant que la majorité perd son emploi ou connaît des baisses importantes de salaire et de pouvoir d’achat.

ça pétera, mais quand?

La corde sociale reste tendue. Une corde de plus en plus usée ou seuls quelques filaments tiennent encore.
Mais quand ceux-ci auront rompus, la loi de la République pourrait bien devenir la loi de la Rue.
Une corde qui ne tiendra peut être même pas le long mois avant le 1er mai, date d’une exceptionnelle manifestation intersyndicale.
Et à ce stade de révolte - appelons un chat, un chat - il n’y aura pas de policiers suréquipés pour venir sauver les plus nantis, appelant à l’aide dans leur taxi, tel le châtelain pris au piège assis dans son siège à porteur.
Non, personne.

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