Force Ouvrière de Côte d'Or

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L’ACTION SYNDICALE DU G20 AU 1ER MAI - 080409

Publié le 8 Avril 2009 par UDFO21 in AFOC 21

Les chefs d’État comme la plupart des médias se sont félicités des résultats du G20, qui s’est tenu à Londres le 2 avril.

Il est vrai qu’une telle réunion n’aurait pu se tenir il y a deux ans, c’est-à-dire avant la crise, tant les certitudes méprisantes des partisans du libre marché et du capitalisme triomphant ne supportaient guère la contradiction.

Depuis, la crise est là et on n’a jamais autant parlé de réglementation et du rôle des pouvoirs publics... pour sauver le système. Dans ces conditions, les vingt pays ont fait des annonces de régulation et de réglementations à venir, notamment à l’égard du système financier, l’essentiel étant visiblement de montrer qu’ils pouvaient piloter la crise et qu’il fallait dès lors avoir confiance.

Le Fonds monétaire international va voir sa capacité financière multipliée par trois et un soutien au commerce mondial va être mis en place.

S’agissant des paradis fiscaux – dont la liste est incomplète –, tout dépendra de l’existence réelle de sanctions mises en place sur les plans national et international, et ce n’est pas gagné. Là où cela ne va pas, c’est que deux questions clés, la monnaie et le social, ne sont pas sur la photo du G20.

Sur le plan monétaire, le dollar demeure la seule monnaie de référence.

Sur le plan social, il n’y a toujours rien pour exiger partout dans le monde, dans l’action des organismes internationaux, l’obligation de respecter les droits sociaux fondamentaux que sont la liberté d’association, la liberté de négociation, la non-discrimination, l’interdiction du travail forcé et du travail des enfants. Il était d’ailleurs significatif de constater que si les organismes internationaux financiers étaient au G20 (ex.: FMI ou Banque mondiale), l’Organisation internationale du travail était absente du fait du refus de certains pays.

Tout cela signifie – et on le voit tous les jours – que la sortie de crise est encore illusoire, que les questions clés (répartition des richesses, normes sociales) ne sont pas sur la table et qu’il faut toujours sauver le soldat capital.

Dans ces conditions, il appartient aux travailleurs et au mouvement syndical libre et indépendant de mettre la pression pour être entendus et respectés. C’est dans cet esprit qu’en France, Force Ouvrière a proposé aux autres organisations syndicales – si le gouvernement ne répond pas aux revendications – un appel commun à vingt-quatre heures de grève franche, interprofessionnelle.

Si l’ensemble des syndicats fait cet appel, alors nous serons dans la possibilité de bloquer le pays vingt-quatre heures pour obtenir satisfaction.

D’ores et déjà, Force Ouvrière (lire ci-dessous) s’est adressée au Premier ministre pour lui rappeler l’essentiel de nos revendications et lui demander d’ouvrir rapidement des concertations et négociations.

Le 1er Mai, dans l’unité d’action, compte tenu des circonstances de la crise, n’est pas un objectif en soi mais une étape.

Salaires, emploi, services publics, nos revendications sont plus que jamais d’actualité.



Monsieur François Fillon
Premier ministre
Hôtel Matignon
57, rue de Varenne
75007 – PARIS


Paris, le 31 mars 2009

Monsieur le Premier ministre,

La crise que nous traversons, de dimension internationale, est une crise grave et systémique. Elle nécessite de profondes révisions et réorientations au niveau international et européen et marque le retour nécessaire des pouvoirs publics pour définir de nouvelles réglementations, y compris en matière de politique économique.
Partout dans le monde, les travailleurs actifs, les chômeurs et les retraités font les frais d’une crise dont ils ne sont pas responsables.
S’agissant plus particulièrement de la France, se développe légitimement chez ces mêmes travailleurs un profond sentiment d’injustice sociale et de développement des inégalités. Face à une crise dont nul ne peut sérieusement prévoir ni la durée ni l’ampleur, il est essentiel de lutter contre ses effets en agissant sur plusieurs leviers.
C’est ainsi que face notamment à une chute de deux points de la consommation en février et à une nouvelle augmentation importante du chômage, une politique de soutien à la consommation est indispensable, la consommation étant un moteur essentiel de l’activité économique.
Pour Force Ouvrière, et pour ce qui relève de la responsabilité des pouvoirs publics, nous réclamons une hausse substantielle du Smic, une obligation de négociation dans les branches, un retour à la négociation dans la fonction publique. Une réunion rapide de la Commission nationale de négociation collective est indispensable, tout comme les convocations des commissions mixtes paritaires.
Pour FO, les mesures annoncées le 18 février sont très loin de répondre à cette nécessité, tant sur la forme et le fond que sur l’ampleur.
De la même manière, en matière d’emploi, il nous apparaît indispensable d’accroître les contrôles publics, d’obliger à des moratoires sur les licenciements, en particulier quand des aides publiques sont accordées ou quand des profits substantiels sont réalisés, et de remettre en cause ou suspendre la loi TEPA.
Dans le même ordre d’idées, alors que tout le monde s’accorde pour souligner le rôle d’amortisseur social essentiel des services publics et des régimes de protection sociale collective, il nous apparaît indispensable de renoncer à la suppression de 30.000 emplois dans la fonction publique et de revenir sur la RGPP.
Monsieur le Premier ministre, il serait par exemple dangereux et inacceptable que les logiques d’après-crise soient les mêmes que celles d’avant-crise, ce qui conduirait à vouloir restreindre brutalement les déficits publics et sociaux et à remettre en cause des structures essentielles de solidarité, d’égalité de droit et de cohésion, ce qui constitue dans notre pays ce que notre Constitution nomme république sociale.
Pour toutes ces raisons, il nous apparaît essentiel que le gouvernement engage rapidement les concertations et négociations nécessaires sur les questions liées au pouvoir d’achat, à l’emploi et aux services publics. Compte tenu des évolutions récentes et à venir, attendre serait incompréhensible. Il y va d’une nécessité de justice sociale et d’efficacité économique.
Dans l’attente d’une réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’assurance de ma considération distinguée.

Jean-Claude Mailly
Secrétaire général
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