Force Ouvrière de Côte d'Or

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BLOCAGE DES PRISONS - 050509

Publié le 5 Mai 2009 par UDFO21 in AFOC 21

LE SERVICE COMMUNICATIONS DE L'UNION DEPARTEMENTALE FORCE OUVRIERE DE COTE D'OR VOUS INFORME DE 


Pénitentiaire



Sur fond de surpopulation carcérale chronique, les personnels protestent contre le manque criant d’effectif et la dégradation de leurs conditions de travail.

 
À l’appel des syndicats (FO, CGT et UNSA), les personnels pénitentiaires ont entamé lundi matin un «blocage progressif» des prisons françaises pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail. Les premières actions se sont traduites par l’érection de plusieurs barrages devant les entrées de la plupart des 194 établissements, empêchant ou retardant les transfèrements et extractions de détenus vers les palais de justice. Le droit de grève étant proscrit dans l’administration pénitentiaire, ces actions ont été menées par des agents en congé.

«Il y a une forte mobilisation dans les grosses maisons d'arrêt, à Lille, à Marseille, à Lyon et en région parisienne. Entre 3 et 4.000 surveillants ont participé ainsi à la mi-journée aux premières actions de blocage», rapportait lundi Christophe Marques, secrétaire général de FO-Pénitentiaire, avant de prévenir que «le mouvement se durcirait dans les jours qui viennent si le gouvernement n’accédait pas rapidement aux revendications de personnels à bout».

Les syndicats dénoncent essentiellement le manque criant de personnel dans les établissements insalubres et où la surpopulation carcérale est devenue ingérable à effectif constant. En effet, avec 63.351 détenus pour seulement 52.535 places disponibles, la densité carcérale dépasse actuellement les 120%, l’une des plus élevées d’Europe. Dans certaines prisons, on compte parfois jusqu’à cinq personnes dans des cellules de 10 m2. «Ce qui engendre des conflits entre les détenus, mais aussi avec les surveillants qui doivent gérer seuls une centaine de prisonniers», explique FO. «De plus en plus de violence, de suicides aussi, des agressions entre détenus, envers le personnel», résume la CGT.

La surcharge de travail dans les établissements est telle qu’elle oblige les personnels à sauter les repos et à faire toujours plus d’heures supplémentaires non payées. Elle laisse dès lors peu de place aux missions de réinsertion et de prévention de la récidive à la sortie de prison. Tout cela pèse sur l'état de santé physique et mentale des détenus comme des agents chargés de leur surveillance.

Selon les syndicats, si le malaise dans les prisons n’est pas nouveau, le phénomène a pris une ampleur alarmante avec la mise en œuvre de la politique pénale imposée aux forceps par le pouvoir exécutif, comme l’introduction des «peines-plancher» et l’abandon des grâces collectives (remises de peine) qui permettaient jusque-là de vider (quelque peu) les prisons. C’est pourquoi, parmi les revendications syndicales figure aussi la généralisation des alternatives à l’emprisonnement pour les courtes peines.

«Pour l’heure, la ministre de la Justice, Rachida Dati, ne nous pas entendus. Elle n’a rien apporté de concret», déplore Christophe Marques (FO). «La Chancellerie nous a indiqué que sa "porte reste ouverte"», ajoute-t-il, mais nous, ce que nous voulons, ce sont de vraies négociations qui doivent se solder par un protocole d'accord reprenant nos revendications que les créations de postes, les rythmes de travail et la mise en place d’une action sociale, aujourd’hui inexistante, dans l’administration pénitentiaire». En attendant, les syndicats ont appelé à amplifier le mouvement.
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