Force Ouvrière de Côte d'Or

Union Départementale des syndicats Force Ouvrière de Côte d'Or,2 rue Romain Rolland,Téléphone : 03 80 67 11 51, Fax : 03 80 67 01 10, E-mail : udfo21@force-ouvriere.fr, 21 000 DIJON

le discours de FO aux Murs des Fédérés - 060509

Publié le 6 Mai 2009 par UDFO21 in AFOC 21


 


Discours prononcé par FORCE OUVRIERE

le 1er mai 2009
 

au Mur des Fédérés – Père Lachaise

 



Camarades,

 

A l’occasion de ce 1er mai de l’année 2009, je veux, ici, apporter l’expression


militante de l’organisation syndicale cgt-FORCE OUVRIERE, non pas comme une commémoration de l’action des militants passés mais comme une expression de la vie militante contemporaine.

 

Notre vie de tous les jours en somme.

 

Nous sommes ici pour saluer des militants au mur des Fédérés qui furent fusillés et jetés dans une fosse commune au pied de ce mur.

 

Un mot d’histoire.

 

On assimile, fort justement, ces 140 fusillés combattants de la Commune comme des combattants de la liberté, d’aucuns les qualifient de communistes. Je m’autoriserais à dire qu’il ne faut pas confondre ce communisme, cette autogestion avec le stalinisme qui pervertira cet idéal après la révolution d’octobre ; ces hommes et ces femmes de 1870, nous nous contenterons de les appeler des communards.

 

Ces camarades avaient défini, malheureusement de manière temporaire, une société de liberté et de dignité, ne fut-elle pas celle qui préconisa l’égalité entre les hommes et les femmes et l’instruction publique, c'est-à-dire l’accès aux connaissances pour tous.

 

Rappelons que dès 1880 se déroula le premier défilé devant ce mur, plus de 20 000 personnes, rose rouge à la boutonnière, bravèrent les forces de police. C’est cet hommage à la mémoire que nous reprenons comme le firent entre temps Jean Jaurès, Edouard Vaillant et de nombreux militants socialistes et syndicalistes dont Léon Jouhaux.

 

Léon Jouhaux qui est enterré à quelques mètres d’ici et dont nous fêterons en cette année le 100ème anniversaire de l’élection à la tête de la CGT, la vieille CGT, notre CGT, celle qui fut capable de rassembler les différentes tendances et engagements de la classe ouvrière, celle qui fut l’expression de toute la classe ouvrière.

 

Léon Jouhaux qui avait avant beaucoup d’autres, compris que le mouvement ouvrier ne pouvait se limiter aux frontières de notre pays.

 

Il était un internationaliste convaincu et nonobstant ce que d’aucuns ont pu lui reprocher, il avait, à la veille de la première guerre mondiale, celle qui devait être la dernière, sollicité le syndicalisme allemand pour éviter que les travailleurs français et allemands s’opposent et s’entretuent.

 

La guerre ne se fait jamais au bénéfice des travailleurs.

 

Léon Jouhaux, qui participa  à de nombreux  premiers mai, alors journée de grève qui n’était pas encore pervertie par la charte du travail et le pétainisme- l’églantine contre le muguet -1er mai international  de lutte et de libération des travailleurs. Chicago, Fourmies, autant d’évènements qui ont conduit à l’aspiration de la liberté.

 

Qu’on me comprenne, le 1er mai était la journée au cours de laquelle les employeurs américains renouvelaient les contrats de travail, chacun comprendra ce que cela signifie, l’indésirable, le râleur, le contestataire, était, bien entendu, écarté et laissé pour compte. Quant à Fourmies les travailleurs en fête ont été pratiquement assassinés sans aucune raison apparente, que celle de se sentir libres et joyeux.

 

Nous retiendrons de ces tragiques évènements que l’internationale syndicale revendiquera le 1er mai comme journée chômée de grève ouverte et déposera pour la première fois la revendication de limiter la journée de travail à 8 heures. 8 heures de repos, 8 heures de loisirs et de culture, et elle appellera pour la première fois à la solidarité internationale pour obtenir satisfaction.

 

Solidarité qui doit être le mot d’ordre de notre action en 2009.

 

Solidarité devant la crise du capitalisme qui vient de démontrer son incapacité à satisfaire non seulement le monde du travail mais la liberté la dignité et l’espérance de la jeunesse.

 

Solidarité qui doit être entre les générations.

 

Solidarité entre ceux qui ont du travail et ceux qui aspirent à avoir un travail.

 

Solidarité entre ceux qui risquent de perdre leur emploi et ceux qui pensent qu’ils garderont le leur.

 

Solidarité pour faire qu’il n’y ait aucune exclusion, qu’importe l’origine, la formation voire la religion.

 

Si l’action syndicale obéit aux circonstances du moment, doit elle pour autant courber l’échine ?

 

Il ne s’agit pas de colmater la brèche d’un système qui s’est avéré incapable de satisfaire les besoins du plus grand nombre, que ce soit dans les actes journaliers ou pour l’espérance de vie.

 

Il faut, par notre lutte, contraindre ceux qui nous dirigent et les employeurs qui nous exploitent à nous accorder la place qui nous revient.

 

La société ne peut vivre sans les travailleurs.

 

A ce titre, permettez-moi de marquer publiquement mon indignation lorsque j’entends les bien pensants s’étonner que l’action syndicale conduit à l’occupation des locaux de travail voire à la retenue des dirigeants des sociétés.

 

En 1906 nos anciens étaient unanimes pour réclamer l’expropriation du capital cette notion figure encore dans nos statuts confédéraux ; occuper son service, son bureau, son atelier, son usine, c’est une façon de rappeler que le secteur de la production ne vaut que par ceux qui le font fonctionner.

 

Les locaux, les machines, ne valent rien si l’homme ou la femme, la main-d’œuvre, n’est pas là pour les faire fonctionner.

 

Avec la complicité de certaines organisations syndicales, le gouvernement veut institutionnaliser, voire intégrer le mouvement syndical, en un mot le dominer. Nous saurons, par notre engagement, par notre militantisme, montrer que l’efficacité syndicale n’est pas et ne sera pas tributaire de la loi, qu’elle reste l’expression du combat social et n’admet aucune contrainte ni soumission.

 

Disons le tout net, on ne triche pas avec la classe ouvrière. Les circonstances nous conduisent à être rebelles, nous serons rebelles.

 

Ne nous y trompons pas ce 1er mai 2009 n’est pas une journée de commémoration, il n’exprime pas exclusivement de la nostalgie et du souvenir, il doit être un support militant, pour comprendre et ouvrir les voies au monde des travailleurs pour qu’ils expriment leur aspiration à la liberté et à la dignité afin de construire une société dans laquelle pas un être humain ne pourra être sacrifié ni même négligé !

 

Ce n’est pas une journée de commémoration, c’est une journée revendicative.

 

Vive le mouvement syndical libre de son comportement,

 

Vive la CGT-FORCE OUVRIERE

Commenter cet article