Force Ouvrière de Côte d'Or

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COGNIS : L’EFFET-LEVIER… À LICENCIER - 100709

Publié le 10 Juillet 2009 par UDFO21 in AFOC 21

LE SERVICE COMMUNICATION DE L'UNION DEPARTEMENTALE FORCE OUVRIERE DE COTE D'OR VOUS INFORME DE :



La note est lourde pour les salariés des entreprises acquises par les fonds d’investissement aux stratégies purement financières.

 
C’est l’escalade vers l’enfer pour les salariés de Cognis France. Gel des salaires et de l’embauche, chômage partiel et maintenant licenciements: 92 personnes sur les 475 employées par ce groupe allemand de «chimie fine», fabriquant des ingrédients destinés aux cosmétiques, à l’alimentaire, la pharmacie et la détergence. Présent sur les cinq continents, il est géré depuis novembre 2001 par un consortium de fonds de capital investissement, mené par Goldman Sachs Capital Partners et Permira, nichée à Guernesey, paradis fiscal anglo-normand ; Ce sont des spécialistes du LBO (Leverage Buy Out), c’est-à-dire de l’effet-levier, un montage inventé vers 1975, permettant d’acquérir des entreprises, non cotées («private equity») car moins contrôlées, au prix d’un fort endettement (jusqu’à 85% avant la crise), ensuite remboursé sur le dos de ces dernières avant de les revendre. En d’autres mots: gager un emprunt sur des revenus futurs. Pour y arriver les méthodes anglo-saxonnes privilégient les réductions de coûts essentiellement par pression salariale, investissements minima, cessions d’activités jugées non rentables, le tout accompagné de plans sociaux ou/et de délocalisations. Déjà peu portées vers la philanthropie, elles ne sont pas améliorées, la crise aidant.

Le «redéploiement industriel» a été présenté le 9 juin en comité central d’entreprise. La quasi-totalité des sites de Cognis France sont touchés par le plan social qu’il entraîne: 48 emplois sur 143 à Meaux (Seine-et-Marne), soit un sur trois, 36,5 sur 116,5 à Boussens (Haute-Garonne), près de Toulouse, et 7,5 sur 117,5 au siège social à Saint-Fargeau-Ponthierry (Seine-et-Marne), soit un cinquième des effectifs français. Quelque 15 jours auparavant, la firme, qui emploie près de 5900 personnes, contre plus de 9100 en 2001, annonçait la création de sa filiale indienne, à Bombay. Après avoir manifesté et bloqué des sites, salariés et syndicalistes se battent aujourd’hui pour limiter la casse. 180 amendements ont été déposés sur les motivations économiques du PSE (plan de sauvegarde de l’emploi). Les représentants FO témoignent de l’indignation des salariés: «Nous attendons des réponses précises. Nous sommes dépités, en colère car la direction tient la langue de bois» déclare le délégué central FO Georges Ortéga. Francis Berrocal, également secrétaire général adjoint de la Fédéchimie FO, se montre critique quant aux arguments avancés par le groupe. Certes la crise n’aide pas mais le rachat par effet de levier a grevé les comptes: Cognis enregistrait des bénéfices se chiffrant à 109 millions d’euros avant impôts l’année précédant son rachat. Après celui-ci, le groupe a dû rembourser des intérêts tels que, malgré des ventes en hausse, il a enregistré une perte se chiffrant à 136 millions d’euros en 2006. L’année suivante, la dette devait même chèrement refinancée. Entre temps, 850 millions d’euros étaient partis vers les caisses du consortium de capital investissement.


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