Mercredi 19 août 2009
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Publié dans : La Vie des Syndicats
Depuis deux mois, les 250 salariés du fabricant de chauffe-eau et chaudières à gaz sont en lutte pour préserver leurs emplois
qui sont menacés d’être supprimés. Un vaste plan social dont les motivations économiques sont inventées de toute pièce.
Dans
la série, on achève bien les usines sous couvert de la crise, voici Chaffoteaux-et-Maury. Spécialisée depuis près d’un siècle dans la fabrication de chauffe-eau et chaudières à gaz dans les Côtes
d’Armor, l’entreprise et ses 250 salariés sont en sursis depuis le 18 juin dernier, date à laquelle le propriétaire de la marque, le groupe italien d’électroménager Ariston Thermo Group (ATG) a
décidé de fermer le site de production de Ploufragan, près de Saint-Brieuc. De cette usine qui comptait 870 salariés avant son rachat en 2001 par ATG, il ne survivrait plus qu’une quarantaine de
postes «recherche et développement», selon le plan présenté au comité central d’entreprise (CCE). Mais les 250 salariés et leurs syndicats (FO et CGT), qui sont soutenus par la population et les
élus locaux, ne l’entendent pas de cette oreille tant les raisons économiques avancées par les dirigeants d’ATG ne tiennent pas la route.
Pour eux, le scénario semble avoir été écrit d’avance depuis le début pour s’emparer d’un patrimoine. «C’est un pillage industriel orchestré par des gens malhonnêtes et cyniques. Pour être clair,
On a affaire là à des patrons voyous», s’insurge Eric Le Courtois, secrétaire général de l’Union départementale FO des Côtes d’Armor. Personne ne croit l’argument invoqué par la direction selon
lequel la fermeture programmée du site est liée à «la chute du marché français des chaudières murales et chauffe-bains à gaz». Tous soupçonnent les dirigeants d’ATG de se servir de la crise, dont
l’objectif est de délocaliser la production, notamment vers une usine du groupe, à Osimo (Italie centrale) où sont fabriqués en effet des produits similaires.
«Alors qu’à la fin du mois de décembre 2008, les salariés pliaient encore sous les heures supplémentaires, du jour au lendemain, la direction a multiplié les mesures de chômage partiel jusqu’au
coup fatal de juin», rapporte le délégué syndical FO, Martial Collet. Entre-temps, les salariés avaient vu partir des machines vers l’Italie. Et, le plan de fermeture était à peine dans les
tuyaux que des locaux étaient déjà mis en vente, de même que des machines et chaînes de montage. Une plainte collective a été d’ailleurs déposée pour dégradations, vols d'outil de travail et vol
de la marque, ATG étant accusé d'avoir acquis l'entreprise dans le seul but de faire disparaître un concurrent et s’emparer d’une marque de notoriété européenne. «Nous pensons que le groupe ATG a
quelque chose à cacher en Italie. S'ils fabriquent, là-bas, tous les modèles de chauffe-eau et de chaudières Chaffoteaux, les raisons économiques avancées pour justifier la fermeture du site de
Ploufragan n'existent plus. Ils ne ferment pas ici pour des raisons conjoncturelles, mais pour une question de rentabilité. Ils ont organisé la délocalisation de la production en Italie»,
explique Martial Collet. Les dirigeants d’ATG s’en sont toujours défendus. Sauf qu’avant de se rétracter le 16 juillet, ils avaient signé avec les syndicats dans le cadre de la procédure légale
un accord de méthode et un calendrier. Cet accord prévoyait la nomination d'un expert-comptable par CCE. «L’expert avait prévu une visite en Italie dans l'usine d'Osimo pour savoir si le site
italien a la capacité d'accueillir de nouvelles chaînes de production ou s’il s’agit d’un autre processus de délocalisation vers un pays d’Asie. Les patrons ont refusé. Sa mission a donc été
arrêtée, ce qui signifie que le calendrier qui avait été acté n'est depuis plus d'actualité», fait remarquer le délégué FO.
Voilà pourquoi, avec les salariés, les syndicats ont décidé de résister. Après un mois de grève et blocage de l’usine Ploufragan, les salariés se sont relayés pendant tous les congés annuels
d’août pour veiller sur la production de chaudières encore en stock sur le site. Histoire d’éviter de mauvaises surprises. Ploufragan devait rouvrir ce mardi ses portes. Réunis lundi en AG toute
la journée, les salariés ont décidé de reprendre le travail mais avec débrayages tournants et des blocages toutes les heures (par équipe de 20 personnes). Et ce en attendant d’être fixés en
partie sur leur sort mercredi après une nouvelle réunion prévu au siège francilien de Chaffoteaux du CCE entre les syndicats et les patrons…dont ils sont sans nouvelle depuis un mois.
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