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Force Ouvrière de Côte d'Or

Union Départementale des syndicats Force Ouvrière de Côte d'Or,2 rue Romain Rolland,Téléphone : 03 80 67 11 51, Fax : 03 80 67 01 10, E-mail : udfo21@force-ouvriere.fr, 21 000 DIJON

LE RAPPORT STIGLITZ MET EN LUMIÈRE LES LIMITES DE L’USAGE DU PIB-200909

Publié le 20 Septembre 2009 par UDFO21 in AFOC 21



LE SERVICE COMMUNICATION DE L'UNION DEPARTEMENTALE FORCE OUVRIERE DE COTE D'OR VOUS INFORME DE :


 
Les experts proposent notamment de prendre en compte davantage, dans le Produit intérieur brut, le revenu disponible des ménages, la répartition des richesses et la qualité de vie de la population pour mieux repérer les inégalités sociales et économiques.

 
Mission difficile pour les membres de la commission présidée par le Prix Nobel d’Économie Joseph Stiglitz, mise en place en février 2008 à l'initiative du président Nicolas Sarkozy. Composée de 22 experts, la commission avait pour mission «d’identifier les limites du PIB (produit intérieur brut) comme indicateur de performance économique et de progrès social, d’examiner quel supplément d’information est nécessaire pour produire une image plus pertinente, …». Le PIB ne reflète en effet qu’une valeur de la production marchande de biens et services réalisée dans un pays. Lundi dernier, les experts ont rendu leur rapport et recommandations.

«Le PIB n'est pas (...) erroné en soi, mais utilisé de façon erronée», quand il est présenté comme «une mesure du bien-être économique», souligne le rapport, avant de préconiser la création de nouveaux outils statistiques devant permettre notamment de valoriser la qualité de la santé, de l'éducation, de l'habitat ou de l'environnement, mais également la sécurité économique des personnes. «Évaluer l'état de santé des gens, ce n'est pas la même chose que mesurer la production de services de santé. Et les dégâts du chômage vont bien au-delà de la seule perte de revenus monétaires», explique le président de l'OFCE et rapporteur de la Commission, Jean-Paul Fitoussi dans un entretien sur le site Web d’Alternatives Économiques. «La production des services de santé est mesurée par la somme des dépenses de santé. Cela ne dit rien de la qualité du système. Les États-Unis dépensent 15% de leur produit intérieur brut (PIB) pour la santé, mais 40 millions d'Américains ne sont pas couverts! La France ne dépense que 11%, alors que la qualité des soins pour la majorité est bien meilleure» et «le problème est le même pour l'éducation», fait-il remarquer. L'idée centrale du rapport serait de pouvoir mesurer aussi bien le capital économique que le capital humain et le capital environnemental.

La commission a formulé douze recommandations destinées à saisir une réalité socio-économique trop souvent ignorée par la comptabilité nationale. Pour elle, de bons indicateurs statistiques doivent permettre aux pays de disposer, à l'image des entreprises, d'un «bilan» (actif et passif), en plus de leur «compte de résultat» (recettes et dépenses). Ils doivent s’attacher à prendre en compte les impôts, les intérêts d'emprunts mais aussi la valeur des services en nature fournis par l'État (éducation, santé...). Ils doivent s'éloigner de la référence au revenu moyen et lui préférer celle de revenu médian (point de séparation d’une population en deux parties égales: ceux qui gagnent moins et ceux qui gagnent plus) pour analyser la répartition des revenus ou des richesses et les inégalités entre catégories socio-économiques.

Pour Marie-Suzy Pungier, secrétaire confédérale de FO, s’il est certainement très utile d’améliorer les instruments de mesures, il est également nécessaire d’en finir avec les politiques de réduction du périmètre des services publics (santé, éducation, énergie…) et de la protection sociale (retraite, sécurité sociale, chômage) auxquelles l’exécutif n’a pas renoncé (hausse du forfait hospitalier, franchise médicale, privatisation de La Poste, suppression d’emplois publics).
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