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Force Ouvrière de Côte d'Or

Union Départementale des syndicats Force Ouvrière de Côte d'Or,2 rue Romain Rolland,Téléphone : 03 80 67 11 51, Fax : 03 80 67 01 10, E-mail : udfo21@force-ouvriere.fr, 21 000 DIJON

François Fillon brave la fronde des maires - 181109

Publié le 17 Novembre 2009 par UDFO21 in Président RF Sarkozy



Jean-Baptiste Garat et Bruno Jeudy 17 novembre 2009 | Mise à jour : 21:40 «Rien ne serait plus stupide que de recentraliser», a déclaré François Fillon, mardi à Paris, devant le congrès des maires de France. Attendu de pied ferme au congrès de l'AMF, le premier ministre a défendu la réforme territoriale. Ce jour comptera dans la longue carrière de François Fillon. Installé à Matignon depuis presque mille jours, le premier ministre a démontré mardi, à ceux qui en doutaient, qu'il n'y jouait pas les utilités. Bien au contraire. Il n'a pas seulement remplacé Nicolas Sarkozy au congrès des maires de France, il a contenu la fronde des élus locaux. Attendu de pied ferme par des maires très remontés contre la réforme des collectivités territoriales et la suppression de la taxe professionnelle, François Fillon a fait front. Jusqu'à désarmer ses contempteurs qui, au final, ne l'auront pas beaucoup sifflé. Jusqu'à endormir certains des vingt et un ministres et secrétaires d'État qui l'accompagnaient mardi dans cette épreuve. Dans l'auditorium plein à craquer de la Porte de Versailles, au moins 6 000 élus avaient pris place. Très remontés par la «dérobade» de Nicolas Sarkozy, les maires de gauche avaient promis de se faire entendre. Pendant cinquante-cinq minutes, ils auront écouté un premier ministre sans quasiment l'interrompre. Après quelques huées, c'est François Fillon qui a fixé les règles du jeu : «Écoutez ma démonstration ! Ensuite vous pourrez exprimer votre approbation ou votre désapprobation !» D'un seul coup, la tension est retombée. Le premier ministre a pu alors dérouler son argumentaire très technique. Car le chef du gouvernement, corseté dans un costume sombre, est rentré dans les détails. Mais il a surtout mis les points sur les «i» en ne lâchant rien sur la suppression de la taxe professionnelle. Compensations financières «Certains estiment que cette réforme pouvait attendre. On peut toujours trouver des raisons de repousser une réforme», a-t-il défendu une nouvelle fois devant des maires inquiets pour leurs finances communales. «Il ne s'agit pas de réduire les ressources financières des collectivités locales. Elles seront confortées. Il ne s'agit pas de redéployer les charges des entreprises vers les ménages. Les ménages ne seront pas affectés par la réforme», a-t-il assuré promettant de compenser intégralement les 17,3 milliards de taxe professionnelle perçus par les communes. Quant à la répartition de la future contribution économique territoriale (qui remplace la taxe pro en 2011), Fillon s'en remet au Parlement pour trouver une «solution équilibrée». Au passage, il a fait quelques concessions financières aux maires : indexation sur l'inflation des dotations de l'État reversées aux communes ; prolongement en 2010 du remboursement anticipé de la TVA ; création d'un fonds d'investissement pour les économies d'énergie. Après cette rapide distribution de cadeaux, Fillon a repris son plaidoyer pour la réforme des collectivités. Il a récusé toute tentative de «recentralisation», selon la formule des édiles PS. «Rien ne serait plus stupide que de recentraliser», a asséné celui qui se targue d'avoir «exercé tous les mandats locaux». Fort de cette expérience, le premier ministre a assuré : «La réforme charrie toujours une part de doute jusqu'au jour où elle s'installe et produit ses effets.» Une phrase de conclusion qui n'a déclenché ni huées ni applaudissements. En quittant la tribune, Fillon n'était pas mécontent de sa performance. Il faut dire qu'il avait été accueilli par une bronca inhabituelle. Plus d'une heure avant la reprise des débats et près de trois heures avant que Fillon ne prenne la parole, les élus se bousculaient pour trouver une place assise. André Laignel, maire PS d'Issoudun et secrétaire général de l'AMF, a ouvert les hostilités à la tribune en passant à la moulinette les réformes du gouvernement, en particulier la TP. «Est-il raisonnable de remplacer un impôt imbécile par une réforme encore plus bête ?», a-t-il demandé, ajoutant : «On nous avait promis un Grenelle de la fiscalité locale, c'est devenu un Waterloo des dépenses publiques.» Déjà chauffée à blanc par l'ancien ministre de François Mitterrand, la salle a ovationné Bertrand Delanoë. Sans citer le nom de Nicolas Sarkozy, le maire de Paris a attaqué bille en tête le chef de l'État : «Nous ne sommes pas des élus fainéants qui se gobergent d'indemnités.» Tout en approuvant le principe de la suppression de la TP, Delanoë a réclamé du «respect» de la part du gouvernement. Sans rien céder, Fillon a en tout cas évité de jeter de l'huile sur le feu. Une bonne façon pour préparer la rencontre de vendredi à l'Élysée entre Nicolas Sarkozy et une délégation de sept cents maires.
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