Force Ouvrière de Côte d'Or

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COMITE CENTRAL D'ENTREPRISE FO AMORA

Publié le 18 Février 2007 par UDFO21 in AFOC 21

DECLARATION DES MEMBRES DU COMITE CENTRAL D'ENTREPRISE FO AMORA
EN PREEMBULE A LA REUNION EXTRAORDINAIRE
DU CCE DU VENDREDI 02 FEVRIER 2007


Le comité central d?entreprise Amora-Maille souhaite transmettre à la direction générale et intégrer dans le compte rendu de la réunion la déclaration suivante.
 
Le CCE Amora-Maille, au vue de la politique générale de réduction des coûts menée par le groupe Unilever dans toutes les entreprises françaises du groupe, s?indigne du bilan catastrophique en matière d?emploi et de conditions de travail.
 
Plus particulièrement, le CCE tient à dénoncer les actions menées par la direction générale au niveau de la société Amora-Maille.
 
Après la fermeture de l?usine de Vitrolles, la cession de l?activité vinaigrerie de Carvin, la cession des activités de commercialisation PEH et du contrat de Co-packing avec la société Mac Cormick, le CCE dénonce la politique de délocalisation mise en place et déroulée progressivement notamment sur l?usine de Dijon.
 
Le CCE remarque que la direction générale exerce systématiquement depuis quelques années une double pratique.
 
La première, consiste à rassurer les partenaires sociaux dans les instances légales, réunions de CCE, CE et délégués du personnel, en expliquant qu?il est nécessaire de travailler sur la réduction des coûts de production. Pour étayer les discussions, la direction s?appuie sur des documents élaborés par le groupe Unilever, non vérifiables par les partenaires sociaux, qui démontrent dans le contexte actuel la mauvaise position en matière de coûts de production de nos usines par rapport aux usines européennes du même groupe, notamment des pays de l?est, et pour les mêmes produits fabriqués. Pour cela un calendrier de réunions de travail est mis en place afin de définir avec les partenaires sociaux les actions à mettre en place pour garantir l?activité et les emplois qui y sont rattachés.
 
Le deuxième, consiste en réalité à délester progressivement, mais méthodiquement, les tonnages des unités de production. Chaque site de production étant réduit à un atelier de transformation de matières premières et emballages en produits finis. Ce sont désormais des catégories européennes par type de produit qui attribuent à chaque unité de production les tonnages à effectuer pendant une période non définie. Ainsi l?usine de Dijon, deuxième usine européenne du groupe Unilever en matière de tonnage, a perdu en totalité ces tonnages pour les marques distributeurs sur décision du groupe. En 2006 le groupe annonce la délocalisation complète des productions de vinaigrettes pour les pays de l?est. Chronologiquement se sont aussi des pertes de productions importantes de mayonnaise et de ketchup qui sont annoncées. Alors que la logique, et la seule issue pouvant permettre aux unités de production de rester compétitive, serait d?augmenter les tonnages en travaillant sur les coûts de production, le groupe Unilever par le biais des catégories européennes met en place une politique globale de délocalisation des principaux tonnages indispensables à la survie notamment de l?usine de Dijon.
 
Sur le plan de l?emploi, la direction et les partenaires sociaux ont mis en place un plan de départ en CATS (cessation d?activités de travailleurs salariés) afin de réduire l?impact des coûts jusqu'à fin 2005. Depuis la direction se contente de compenser les pertes de tonnages influant sur l?emploi, par des départs volontaires en assurant aux partenaires sociaux, que des conditions avantageuses seraient proposées aux salariés intéressés.
 
 
Le CCE dénonce pourtant la mise en place d?une réorganisation globale sur l?usine de Dijon et Chevigny. Les partenaires sociaux ont été prévenus de la mise en place d?une seule structure hiérarchique des deux usines, à savoir un seul directeur et un seul cadre pour les services les plus importants des deux entités. La réorganisation s?étend à présent sur les agents de maîtrise de l?usine de Dijon sans consultation préalable des partenaires sociaux avec seulement une annonce après décision de la direction au CE mensuel. Dans la pratique la direction des relations humaines, attribue des postes à une partie des agents de maîtrise, et ne propose aucune solution aux autres. Plus sournoisement, et avec les annonces de pertes nouvelles de tonnage dans le courant de l?année, la direction laisse volontairement planer le doute quand à un possible retour d?activité en appuyant sur le fait que l?usine de Dijon serait dans la pire des positions en matière de coûts. Plusieurs salariés sont dans la situation d?incertitude quand au maintien de leur emploi.
 
Le CCE demande à la direction générale de s?expliquer clairement et demande de faire cesser immédiatement le harcèlement moral qui en résulte envers les salariés concernés.
 
Le CCE, au vue des dispositions et des organisations prises par le groupe Unilever pour l?usine de Dijon, pense que tout est préparé méthodiquement pour délocaliser à cours ou moyen terme toutes les activités de l?usine de Dijon. A ce jour aucune mesure pouvant diminuer les coûts de production hormis les suppressions de postes n?a été envisagée voir même discuté avec les partenaires sociaux et les organisations syndicales.
 
Le CCE exige de la direction une vue claire et transparente des actions menées pour ré attribuer des tonnages sur les sites Amora-Maille et la mise en place d?un organigramme sérieux en lien avec l?activité des sites de production.
 
Le CCE fait part aussi à la direction de l?état d?esprit lamentable de l?encadrement, très restreint sur des services importants, qui sortis des réunions répétitives et continues sont complètement absent sur le terrain. Il en ressort un sentiment d?abandon général des salariés face aux problèmes rencontrés. Le CCE dénonce par ailleurs la dégradation des conditions de travail, l?augmentation démesurée des accidents de travail sur lesquels on tente par tous les moyens d?en affecter la faute uniquement au comportement des salariés.
 
Le CCE déplore que toute cette désorganisation contribue activement à alourdir nos coûts de production, mais se demande si elle ne fait pas par partie des actions globales du groupe Unilever afin de justifier aux yeux du public ses actions de délocalisation.
 
Le CCE et les organisations syndicales utiliseront tous les moyens à leur disposition pour démontrer que les productions issues des sites de production Amora-Maille, qui ont jusqu?à ce jour fait la richesse de l?entreprise, sont encore rentables et rapporte encore énormément d?argent à leur propriétaire.
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