Force Ouvrière de Côte d'Or

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Chômage : La confusion des chiffres

Publié le 23 Avril 2007 par UDFO21 in AFOC 21

 
 

Malgré les protestations des services statistiques de l’emploi, le ministère du Travail ne renonce pas à publier ses estimations mensuelles qui ne reflètent plus la réalité du chômage.

Jeudi prochain, on aura sans doute droit à un énième communiqué (triomphant) du ministère du Travail annonçant une baisse «significative» sur un mois, un an ou sur une période plus longue encore. Et ce sur la foi d’estimations mensuelles calculées exclusivement à partir des chiffres fournis par l'ANPE. Lesquelles ne veulent plus rien dire depuis que la direction de l’INSEE a décidé, en janvier, de reporter «pour des raisons techniques» la publication des résultats de l'Enquête Emploi. Des raisons qui n’ont jamais convaincu les statisticiens de l’INSEE, de la DARES ou de l’ANPE (voir notre article du 22 mars). Le bon sens aurait alors voulu que le gouvernement sursoie à la diffusion de ces chiffres, surtout après le camouflet que lui a infligé l’office européen de statistique, Eurostat (voir notre article 2 avril 2007).

Car, comme l’a souligné la semaine dernière l’intersyndicale des services statistiques de l’emploi, le taux (mensuel) publié par l'INSEE et la DARES (ministère du Travail) «et commenté par le ministre de l'Emploi ne reflète (…) plus depuis 2005 les évolutions du taux de chômage aux normes du Bureau international du travail (BIT), faute d'intégrer les données (…) issues de l'Enquête emploi 2006» de l'INSEE. Pour ces syndicats, de l’INSEE, l’ANPE et de la DARES (FO, CGT, CFDT, FSU, SUD, UNSA), mieux vaudrait pas de chiffre du tout, plutôt qu'une estimation laissant croire à une baisse très importante du chômage en 2006.

Selon eux, le recours aux «seules statistiques de l'ANPE» pour établir le taux de chômage mensuel est aujourd’hui «fortement remis en question par les modifications apportées depuis 2005 dans la gestion administrative des demandeurs d'emploi à l'ANPE». Entre autres modifications, les nouvelles règles de gestion des listes de chômeurs telles que la diminution du délai d’actualisation des inscriptions (passé un court délai le demandeur d'emploi est radié), la progression des contrôles pour recherche «inactive» d’emploi entrainant de facto une radiation des fichiers ou encore l’augmentation significative des chômeurs en fin droit qui renoncent, de guerre lasse, à pointer à l’ANPE.

Environ 200 000 chômeurs auraient ainsi disparu des listes de l'ANPE, ont calculé les syndicats qui ont dénoncé «une sous-estimation considérable du chômage dans les chiffres produits» par le ministère du Travail. L’enquête INSEE opportunément reportée à l’automne ne dit d’ailleurs pas autre chose puisqu’elle fait état d’un taux de chômage s'élevant en moyenne annuelle à 9,8 % en 2006, soit sensiblement le même niveau observé en 2005, contre 8,6%, selon le ministère. On est donc loin de la baisse significative sur deux ans revendiquée par le gouvernement.

Afin de sortir de cette «confusion» entretenue par le gouvernement pour des raisons «politiques», les syndicats ont demandé de se saisir cette occasion pour permettre aux experts de la DARES, de l'INSEE, de l'ANPE, d'Eurostat «de travailler ensemble à partir de l'intégralité des données aujourd'hui fragmentées». On l’aura compris, la polémique reste entière.

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