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Jean-Claude Mailly le 18 janvier à l'Elysée
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, a estimé lundi que les accords compétitivité-emploi font «sauter le verrou» de l'accord individuel du salarié et reviennent à «glisser» vers un modèle de négociation «à l'anglo-saxonne, entreprise par entreprise».
Nicolas Sarkozy a demandé dimanche aux partenaires sociaux d'entamer des négociations pour aboutir à des accords compétitivité-emploi «dans les deux mois» afin de permettre aux entreprises de négocier le temps de travail des salariés en fonction de l'activité du moment.
Le président souhaite légiférer pour que ces accords puissent être imposés collectivement après vote majoritaire des syndicats représentatifs alors que jusqu'ici les entreprises faisaient signer à chaque salarié un avenant.
Jusqu'à présent, «il faut que le salarié donne son accord individuel parce que c'est une modification substantielle de son contrat de travail», a rappelé le leader de Force ouvrière sur France Info.
«Aujourd'hui s'il refuse et que l'entreprise veut s'en séparer, elle est obligée de faire un licenciement économique c'est-à-dire de le justifier et si il y en a plus de dix, ça devient un plan social», a-t-il ajouté.
«Demain avec ce dispositif, c'est quasiment du licenciement pour faute, c'est ça le verrou qu'ils veulent faire sauter», s'est indigné M. Mailly pour qui la négociation à venir «sera très dure».
Faire «qu'au niveau d'une entreprise quelle qu'elle soit, on puisse déroger à la loi», c'est «la fin du modèle de négociation lié à la République». «On glisse vers un modèle à l'anglo-saxonne, entreprise par entreprise et ça c'est bougrement dangereux», estime-t-il.
«Si l'entreprise a des difficultés, il y a un autre dispositif qui existe, le chômage partiel». Faciliter à la fois le recours au chômage partiel et la flexibilité du coût du travail avec les accords compétitivité-emploi est «contradictoire», selon M. Mailly.
Le Premier ministre François Fillon a annoncé lundi qu'il avait écrit aux syndicats et patronat pour aboutir à un accord d'ici «deux mois» sur une nouvelle organisation du travail, faute de quoi le gouvernement présentera un projet de loi. «Je viens de signer à l'instant un courrier aux partenaires sociaux leur demandant d'engager sans attendre cette négociation de façon à aboutir dans les deux mois», a déclaré le Premier ministre lors d'une conférence de presse à Matignon.
«Je connais le sens des responsabilités des partenaires sociaux, je souhaite qu'ils puissent aboutir à des solutions innovantes au service de l'intérêt général et de l'emploi», a expliqué M. Fillon, précisant que ces nouvelles dispositions entreraient en vigueur après l'élection présidentielle.
Si les partenaires sociaux ne parviennent pas à un accord, «nous prendrons nos responsabilités en déposant un projet de loi», a prévenu M. Fillon, qui «ne voi(t) aucune raison qui pourrait nous conduire à aller moins vite».
Source liberation.fr
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