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Force Ouvrière de Côte d'Or

Union Départementale des syndicats Force Ouvrière de Côte d'Or,2 rue Romain Rolland,Téléphone : 03 80 67 11 51, Fax : 03 80 67 01 10, E-mail : udfo21@force-ouvriere.fr, 21 000 DIJON

> « IL FAUT RÉSISTER ET CONVAINCRE POUR IMPOSER » - 020213

Publié le 1 Février 2013 par UDFO21 in Confédération

Georges Dassis, responsable de la GSEE (Grèce)

 

FO hebdo: Il y a aujourd’hui encore à Athènes d’importantes grèves dans les transports. Comment expliquez-vous cette capacité de résistance inouïe du peuple grec?
Georges Dassis*: Nous avons fait 17 grèves générales en 18 mois. Et encore aujourd’hui, ces grèves dont vous parlez sont très dures. Nous avons une culture de résistance très forte, qui s’est forgée au cours des deux derniers siècles. Il ne faut pas oublier, même si on en parle très peu aujourd’hui, que nous avons perdu près de 10% de notre population pendant la résistance contre les nazis.

FO hebdo: Que vous inspire la déclaration d’un ministre grec: «Les énormes sacrifices des citoyens grecs ne sont pas perdus»?
Georges Dassis: C’est ce que le gouvernement dit toujours. Mais la réalité est tout autre. La Grèce a été prise au piège des spéculateurs. En 2009, nous avions demandé la création d’un mécanisme de prêt aux pays en difficulté à des taux d’intérêt normaux. Mais rien n’a été fait. La Grèce a donc dû signer un premier mémorandum avec l’UE, la BCE et le FMI. Mais comment parler de solidarité européenne quand les autres pays prêtent à plus de 5% alors que le FMI lui-même, avec la réputation qu’on lui connaît, prête à 3%? Ce n’est pas de la solidarité, c’est une opération commerciale, surtout de la part de pays, comme l’Allemagne, qui eux empruntent à moins de 2%. Mais je parle des gouvernements, pas des peuples. Le syndicat allemand a d’ailleurs défendu la même position que nous.

FO hebdo: Que pensez-vous du pacte budgétaire européen (TSCG)?
Georges Dassis: C’est la descente aux enfers. En Grèce, le salaire minimum, qui s’élevait à 720 euros avant le mémorandum, est tombé à 580 euros aujourd’hui. La négociation collective a été carrément supprimée. On risque de revenir à une situation comparable à celle de l’après-guerre. Il faut résister, mais il faut proposer et convaincre pour imposer. L’Europe a besoin d’une vraie politique industrielle, d’une vraie politique financière, d’une banque centrale qui ne regarde pas seulement la stabilité des prix. Il n’y aura pas de solution si on ne trouve pas un début de solution sur le plan européen.

*Georges Dassis est également président du groupe des travailleurs au Comité économique et social européen.
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