Force Ouvrière de Côte d'Or

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> LA CSI DÉNONCE LA TRAHISON DE LA RÉVOLUTION ÉGYPTIENNE - 170713

Publié le 17 Juillet 2013 par UDFO21 in Confédération


Rapport

Un document publié le 28 juin par Equal Times* dévoile les exactions du gouvernement Morsi.
Six jours après le début de manifestations qui ont rassemblé des dizaines de millions d’Égyptiens réclamant le départ du président Morsi, l’armée a évincé ce dernier dans la nuit du 3 au 4 juillet et confié la direction du pays au président du Conseil constitutionnel, Adly Mansour, jusqu’à la tenue d’une élection présidentielle anticipée. 

«Les politiques sociales et économiques extrêmement partisanes du président Morsi sont à l’origine de l’immense vague de mécontentement populaire en Égypte», avait notamment dénoncé la CSI (Confédération syndicale internationale) dès le 1er juillet, s’appuyant sur un rapport d’Equal Times. 

Le document, intitulé «Égypte: une révolution trahie», fait état de 650 licenciements pour activité syndicale depuis l’arrivée au pouvoir de Morsi en juin 2012 et donne plusieurs exemples de répression. À l’automne dernier, des infirmiers ont été arrêtés pour avoir lancé un appel à la grève après l’échec de négociations salariales. Des enseignants ont été déférés devant un tribunal disciplinaire pour avoir participé à une journée d’action pour une augmentation des rémunérations et le limogeage des fonctionnaires corrompus du ministère de l’Éducation. En mai dernier, des électriciens ont été frappés par la police lors d’un sit-in pacifique pour demander la libération de leurs camarades arrêtés pendant une manifestation contre des baisses de salaires. La répression a également été très forte contre les dockers, dont le contrôle représente un enjeu capital pour un gouvernement qui cherche à faire du pays une plate-forme internationale de transport. 

CIBLES DE LA RÉPRESSION: TRAVAILLEURS, SYNDICATS, ENFANTS, FEMMES ET JOURNALISTES

Bien que l’Égypte ait ratifié les conventions de l’OIT sur la liberté syndicale et de négociation collective au milieu des années 1950, les syndicats libres restent interdits. L’EFITU (Fédération égyptienne des syndicats indépendants), fondée sur la place Tahrir pendant la révolution de 2011, n’a toujours pas droit de cité. Fin 2011, le ministre du Travail, l’universitaire Ahmed Borai, a démissionné après que le gouvernement de transition, dirigé par l’armée, a refusé de reconnaître comme légaux les syndicats indépendants. 

Par-delà la répression antisyndicale, Equal Times dénonce de nombreuses arrestations d’enfants, avec plusieurs cas de torture. L’Égypte compte des dizaines de milliers d’enfants des rues et beaucoup ont participé aux manifestations de mécontentement contre le régime. Au total, 383 enfants ont été emprisonnés sur ordre du ministère de l’Intérieur depuis janvier 2013. 

Quant à la liberté de la presse promise par le président Morsi lors de sa campagne électorale... Il y a eu quatre fois plus d’actions en justice pour «insulte au président» pendant les deux cents premiers jours au pouvoir de Morsi qu’au cours des trente années passées sous la férule de Moubarak. 

Enfin, le rapport d’Equal Times dénonce la multiplication des agressions contre les femmes, d’autant plus alarmantes qu’elles se sont le plus souvent produites dans le contexte de manifestations sur la place Tahrir. 

* Portail international d’actualité, d’opinion et de campagne sur le travail, la politique économique, le développement et l’environnement, basé à Bruxelles, et qui a le soutien de la CSI (http://www.equaltimes.org)
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