La composition du gouvernement a été rendue publique le 18 mai 2007.
Nous l’avions évoquée lors de notre rencontre avec le président de la République le mardi 15 mai. Nous avions notamment plaidé pour le maintien d’un ministère du Travail de plein exercice, ce qui
n’était pas gagné. Sur ce point, nous avons été entendus avec la création du ministère du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité dont le ministre est un homme de dialogue.
Nous avons également plaidé pour que la fonction publique ne soit pas oubliée. Sur ce point, nous n’avons été entendus qu’à moitié puisque l’intitulé existe mais en étant rattaché au ministère
des Comptes, sur lequel nous reviendrons plus loin.
Nous avons également demandé au président de la République de mettre le dossier EADS-Airbus au rang des priorités, ce qu’il a fait en évoquant le dossier avec la chancelière allemande et en
rencontrant les syndicats à Toulouse le 18 mai.
Service minimum, heures supplémentaires, dialogue social et méthode de travail ont aussi été évoqués lors de la rencontre avec le président de la République.
Nous avons réaffirmé notre opposition à une loi sur le service minimum, considérant que seules des négociations entreprise par entreprise sur la prévention des conflits étaient envisageables. Sur
les heures supplémentaires, nous avons rappelé nos fortes inquiétudes(cf. dernier éditorial).
Nous avons également tenu à souligner que les rythmes sociaux n’étaient pas les rythmes politiques et qu’il fallait appliquer la loi de modernisation du dialogue social.
S’agissant du gouvernement, un problème de fond est posé: le découpage de Bercy en deux ministères; l’un dit de l’Économie, des Finances et de l’Emploi, l’autre du Budget, des Comptes publics et
de la Fonction publique. Quel sera le rôle exact de ce dernier? S’il est au service de la politique économique, de l’emploi et du travail, cela peut être positif. Mais si son rôle est, comme dans
une entreprise, celui d’une direction financière qui donne des enveloppes, toujours en réduction, et des consignes, cela peut être catastrophique, y compris pour l’emploi et la rémunération des
fonctionnaires.
Par ailleurs, ce ministère couvrant tous les comptes au sens européen (État, fonction publique territoriale, protection sociale obligatoire), il serait très dangereux de les confondre, les
cotisations (salaire différé) ne devant pas être amalgamées à l’impôt.
S’il peut être utile de lier économie et emploi, cela n’a de sens que si le ministère des Comptes reste à sa place (c’est-à-dire au service d’une politique) mais n’exerce pas de tutelle
comptable, et que si un lien existe entre travail et emploi.
Déconnecter, depuis beaucoup d’années, l’économie et l’emploi a en effet abouti à mettre en œuvre des politiques de l’emploi basées sur les emplois aidés et les exonérations de cotisations, et
donc à faire de l’emploi la variable flexible des contraintes économiques.
Si l’on veut relancer la croissance, donc l’emploi, les deux doivent être liés, y compris avec la politique industrielle. En d’autres termes, la politique économique et sociale doit l’emporter
sur la gestion comptable.
Nous jugerons donc aux actes.
En fonction des choix retenus sur tous ces points, tout est possible, le meilleur comme le pire.
Nous confirmerons tout cela lors de notre prochaine rencontre officielle avec le président de la République et les ministres concernés.