24 Mai 2007
Le syndicaliste britannique
John Monks a été hier réélu pour quatre ans à la tête de la Confédération européenne des syndicats (CES) qui tient en Espagne son XIe congrès (21-24 mai à Séville, en Espagne). Pour ce deuxième
mandat, le secrétaire général a dit souhaiter ouvrir une nouvelle page du «combat social» de la CES. Laquelle rassemble 81 syndicats de 36 pays européens, dont quatre confédérations françaises
(FO, CFDT, CFTC, CGT).
John Monks a appelé ainsi les 700 congressistes à «passer à l'offensive» pour «faire de l'Europe sociale une réalité» après ces années passées consacrées à «combattre les mesures néo-libérales,
comme la directive "Bolkestein" sur les services». Toutes ces mesures prises «en vertu de l'orthodoxie de la Commission européenne et de nombreux gouvernements» dont le seul objectif est de
«concurrencer des pays moins chers, plus flexibles» en mettant «un frein aux progrès sociaux et environnementaux», a fustigé le leader de la CES. Or, pour lui, «la clé de la réussite économique
n'est pas la déréglementation, la libéralisation et le travail plus précaire», mais «un partenariat social fructueux» des «négociations collectives» et des «syndicats forts».
Se félicitant que «la CES ait su dire non à la directive "Bolkestein"», la délégation de FO conduite à Séville par son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, a souhaité que l’organisation
européenne «sache (aussi) dire non à la "modernisation" du droit du travail à laquelle voudrait nous conduire la Commission avec son Livre vert».
La CES doit pouvoir également peser sur les enjeux européens des années à venir, a souligné John Monks. Les futures actions de la CES devront en particulier permettre à l'ensemble des
travailleurs de l'Union européenne (UE) d’avoir un socle de protections sociales communes afin d’éviter le «dumping social» aux dépens des pays socialement plus avancés. Ce qui passe par un
renforcement, au niveau européen, du dialogue social avec le patronat et par la mise en place d'instances européennes afin de trancher les litiges entre syndicats et patronat dans l’Union.
Pour FO, si la CES veut «peser en faveur d’une Europe du progrès social, et utile pour les travailleurs», elle ne doit pas alors «se laisser limiter à accompagner et corriger les initiatives de
la Commission ou à en gérer les conséquences». C’est pourquoi FO l’a invité à «affirmer sa capacité de contestation» à chaque fois que ces initiatives «vont à l’encontre des intérêts des
travailleurs».