Unilever supprime 20 000 EMPLOIS DANS LE MONDE Le site d'Amora-Maille à Dijon est-il
menacé ?
En plus de la suppression de 20 000 emplois, le géant de l'agroalimentaire a annoncé la fermeture ou la
rationalisation de plus d'une cinquantaine de sites de production. Un plan de restructuration programmé sur quatre ans qui laisse planer quelques doutes sur l'avenir de l'usine dijonnaise, rachetée
en 2000 par Unilever.
En cette période, où la torpeur de l'été semblait bien installée, l'annonce par le PDG du groupe alimentaire Unilever, Patrick Cescau, de la suppression de
20 000 emplois dans le monde dans un délai de quatre ans, soit 11 % des effectifs, a fait l'effet d'une douche froide. D'autant qu'a priori, la majorité des restructurations - ainsi que
l'a précisé le numéro un du géant anglo-néerlandais - concernerait l'Europe. Plus inquiétante encore, l'information concernant « la fermeture ou de la rationalisation de 50 à 60 sites de
production sur les trois cents détenus par le groupe ».
« Pas de menaces à court terme »
Localement, les regards se portent immédiatement sur les sites de Dijon et de Chevigny, spécialisés dans la fabrication de moutardes, sauces, herbes aromatiques et condiments Amora et Maille, dont
les effectifs en 2002 avoisinaient 830 salariés. A ces deux usines s'ajoute depuis 2005 un centre de recherche et d'innovation à vocation européenne sur le goût, la sécurité et la nutrition et
englobant soixante-cinq personnes.
Raison pour laquelle, selon le député UMP Bernard Depierre, particulièrement attentif aux questions liées aux entreprises locales, la mise sur pied de ce centre de développement constitue une
« opportunité historique » qui devrait mettre les sites à l'abri de toutes secousses à court terme.
« Je ne pense pas que des menaces pèsent sur Amora à Dijon », expliquait l'élu joint par téléphone dans la soirée. Un dossier qui lui tient d'autant plus à cœur qu'à la faveur de
l'inauguration du nouveau centre, c'est Bernard Depierre qui avait à l'époque invité le ministre délégué à la Recherche, François d'Aubert à faire le déplacement à Dijon.
Et encore tout récemment, le député explique s'être entretenu à Paris, il y a une quinzaine de jours, avec le directeur général d'Amora-Maille. Entretien qui, dit-il, l'a conforté sur la
consolidation des unités de production grâce précisément à la nouvelle structure de recherche. Toutefois, Bernard Depierre n'a reçu aucune garantie concernant de possibles ajustements en termes
d'effectifs et ce en fonction de l'évolution des gammes de produits.
Eve FARAH
G. Marpeaux (FO) : « Des craintes légitimes » Source Bien Public du 3 août
2007
Du côté de Force ouvrière, on exprime de véritables craintes. En effet, le secrétaire général de l'Union départementale de Force ouvrière précise que dès
le mois de mai, à l'annonce du plan de réorganisation prévu sur trois ans et touchant Unilever France, il y avait eu une mobilisation locale pour alerter les pouvoirs publics, en l'occurrence, le
conseil régional, le conseil général et la mairie de Dijon sur les dangers qui pesaient sur les unités de production. Gilbert Marpeaux évoque notamment l'externalisation de tonnages vers des pays
comme la Pologne ou l'Ukraine. « Depuis, indique-t-il, les niveaux d'activité sont revenus à la normale ». A la question de savoir s'il pense qu'en plus de suppressions de postes, le site
proprement dit serait menacé, le syndicaliste note qu'en observant la carte des lieux de production du groupe qui se déplacent de plus en plus vers les pays de l'Est, on peut légitimement avoir des
craintes. « La stratégie de ces grandes structures est très difficile à décoder », fait-il remarquer en déplorant de telles éventualités alors que Dijon héberge le pôle de compétitivité
agroalimentaire Vitagora et que l'entreprise Amora-Maille constitue à ce titre une symbolique forte qu'il ne s'agirait pas de sacrifier.
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