29 Août 2007
LA COMMUNICATION DE L’ÉLYSÉE S’EMBALLE
Le service communication de
Nicolas Sarkozy a rendu compte de manière bien cavalière de la teneur de la rencontre d’hier entre l’hôte de l’Élysée et le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, dans le cadre d’une
nouvelle série de consultations avec les principaux leaders des confédérations syndicales. Ainsi, selon le porte-parole de l'Elysée David Martinon, «les débats entre les deux hommes ont été
constructifs et ont permis d'enregistrer un certain nombre de convergences». Ils se sont «accordés pour qu'au-delà de la conférence qui aura lieu fin septembre entre l'Etat et les syndicats de la
fonction publique, il y ait un débat élargi aux grandes confédérations et à toutes les parties intéressées par les valeurs et les missions du service public», a expliqué le porte-parole. Et si
«le président de la République a enregistré l'opposition traditionnelle de FO à la franchise médicale que Jean-Claude Mailly a réitérée», à en croire M. Martinon, «sur tous les autres sujets,
aucune divergence notable ne s'est manifestée, notamment sur la question du pouvoir d'achat, de l'emploi ou des conditions de travail».
De cette version, Jean-Claude Mailly n’a confirmé qu’un seul point : amorcer «une discussion approfondie sur les missions de service public». Pour le reste, «nous n'avons pas parlé des conditions
de travail et l’on ne peut pas dire que nous soyons d'accords sur le pouvoir d'achat», a objecté le dirigeant de FO qui a particulièrement insisté auprès de M. Sarkozy sur la nécessité
d’augmenter le pouvoir d'achat des salariés au moment où ceux-ci doivent faire face à des augmentations de prix sévères«+3,5% sur les loyers, +4,5% sur les assurances-santé privées, les
augmentations du prix du pain et du lait des légumes... ». Pour les fonctionnaires, il lui a rappelé que cette question «est directement du ressort du gouvernement» tandis que pour le secteur
privé, il lui a suggéré de faire intervenir les pouvoirs publics en «conditionnant par exemple les aides publiques et sociales aux entreprises à des accords sur les salaires». Sur «l’opposition
traditionnelle» de FO aux franchises médicales, Jean-Claude Mailly – qui a rappelé que, selon les dernières annonces, celles-ci seraient destinées au financement de la recherche contre le cancer
et la maladie d'Alzheimer – a dénoncé cette façon de faire «appel à l'émotion pour faire passer une mesure écornant encore un peu plus cet instrument essentiel de solidarité qu'est
l'assurance-maladie» alors que «pour accroître l'effort de recherche médicale, ce sont les fonds publics et privés qui doivent être sollicités».
Pour FO, le gouvernement pourrait très bien se passer de ces franchises «injustes et inefficaces», en utilisant par exemple «l’argent économisé après la récente censure du Conseil constitutionnel
sur les crédits d’impôts octroyés pour les emprunts immobiliers contractés avant le 6 mai. Pour la haute juridiction, cette mesure pour les prêts déjà accordés aurait «fait supporter à l'Etat des
charges manifestement hors de proportion avec l'effet incitatif attendu». Des charges évaluées à 7,7 milliards d’euros que le gouvernement entend utiliser pour financer d’autres cadeaux fiscaux.
Lesquels ont jusqu’à présent favorisé presque exclusivement les hauts revenus.