Le président de la République a annoncé trois mesures dans le domaine du logement lors de son intervention télévisée du 29 novembre dernier consacrée au
pouvoir d’achat des Français, à savoir: limitation de la hausse des loyers à l’inflation; la réduction du dépôt de garantie qui passerait de 2 à 1 mois; la suppression de la caution.
La limitation de la hausse des loyers à l’inflation pourrait être une mesure de bon sens, à condition que les pouvoirs publics s’engagent réellement à garantir la qualité de la construction des
logements, en particulier sociaux, mais aussi le volume nécessaire de la maintenance afin d’éviter la dégradation du patrimoine et l’augmentation des charges qui déjà explosent. Sur ce dernier
point d’ailleurs, le silence présidentiel est tristement éloquent car si la fixation du loyer est importante en soi, ce que regardent les locataires c’est le bas de la quittance, c’est-à-dire
le loyer plus les charges.
C’est donc que l’engagement présidentiel sur une hausse maximale des loyers et charges limitée à celle des prix serait la bienvenue, car cela impliquerait la mobilisation de tous les
partenaires qui œuvrent à l’offre locative.
Concernant la réduction du dépôt de garantie qui passerait de 2 à 1 mois, et la suppression de la caution, le président les a complétées par l’annonce d’un dispositif mutualiste. C’est une
proposition dont Force Ouvrière ne peut que se réjouir car elle s’inscrit pleinement dans l’objectif que les partenaires sociaux se sont fixé avec l’État à travers le dispositif de la Garantie
des risques locatifs (GRL).
Cependant, la généralisation du système va générer pour l’État un engagement financier fort, ce qui peut paraître paradoxal au regard de la réaffirmation d’une France aux caisses vides!
Où va-t-on trouver l’argent? Chez les salariés encore? Ils ont déjà assez donné!
En outre, la mise en place de la Garantie des risques locatifs suppose non pas la réduction du dépôt de garantie, mais sa suppression pure et simple, ce que Force Ouvrière n’a eu de cesse de
revendiquer ces dernières années.
Enfin, le jour où le président de la République s’engage auprès des Français sur le pouvoir d’achat, le gouvernement ne se place pas au même niveau, il n’est pas capable de présenter au Conseil
national de l’habitat une actualisation des barèmes (plafonds de revenus et aides proprement dites) qui allège le poste de dépense logement dans le budget des ménages. Chacun sait que son
évolution, ces dernières années, impose des sacrifices supplémentaires aux familles et aggrave la pauvreté en France.
Force Ouvrière se tient néanmoins prête au dialogue sur les différents éléments, tout en revendiquant la création d’un bouclier logement qui exigerait une législation limitant la dépense
maximale logement dans le budget des ménages.
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