«IL FAUT UN ACCORD SIGNÉ PAR AU MOINS QUATRE SYNDICATS»
Lardy Stéphane
Emploi - UNEDIC - Formation professionnelle
Les cinq organisations syndicales se sont réunies hier matin. Quelle a été votre conclusion?
Sur la forme, nous sommes tous d'accord : la stratégie de l'épuisement physique n'est pas une bonne méthode de négociation, il n'est donc pas question de séance de nuit. Sur le fond, nous avons
tous relevé les mêmes problèmes dans le document patronal transmis lundi, qu'il s'agisse de la période d'essai, du CDI à objet précis, de la rupture amiable et de la sécurisation des parcours
professionnels.
Pensez-vous pouvoir aboutir à un accord?
Certains sujets de second ordre risquent de polluer la négociation. Je pense, par exemple, à la réparation judiciaire du licenciement. En outre, les ambiguïtés de langage du texte pourraient
provoquer un effet boomerang pour les employeurs. Je ne veux pas être embarqué dans des discussions pendant des heures sur des questions qui n'apparaissent pas fondamentales. Si cela se produit,
cela voudra dire qu'une partie du patronat ne veut pas d'un accord. Nous devons nous concentrer sur les quatre sujets que j'ai évoqués plus haut. Il faut que nous parvenions à un accord signé par
au moins quatre syndicats. Nous pouvons même potentiellement être cinq.
Vous évoquez une partie du patronat. A qui pensez-vous?
A certaines fédérations. Mais il ne m'appartient pas de les pointer. Dans cette négociation, les organisations syndicales ont bougé les lignes. Mais nous sommes confrontés à un mur idéologique au
sein du patronat. Une partie pense qu'elle gagnerait à un échec des négociations, mais elle oublie que si les pouvoirs publics prennent la main, le transfert des droits d'une entreprise à l'autre
leur sera imposé plein pot.
Quelles sont pour FO les conditions d'une signature?
Sur la rupture négociée, la délégation patronale propose que la procédure soit agréée par le directeur départemental du travail, avec le risque de créer un double contentieux, judiciaire et
administratif. Nous ne signerons pas s'il n'y a pas d'homologation par les juges prud'homaux. Sur le contrat de mission, je n'ai aucun mandat pour accepter une assimilation au CDI. Nous voulons à
tout prix un CDD. Je n'accepterai pas, non plus, que les salariés ne puissent transférer que 50 % de leur droit individuel à la formation (DIF) d'une entreprise à l'autre. Il faudra que ce soit
100 %. La transférabilité de la protection sociale complémentaire est aussi très insuffisante. La période d'essai de six mois, renouvelable une fois, est également rédhibitoire. Nous sommes prêts
à fixer une période d'essai au niveau interprofessionnel mais avec des délais raisonnables : entre un et trois mois, la possibilité d'un renouvellement étant confiée aux branches.
PROPOS RECUEILLIS PAR LEÏLA DE COMARMOND ET LUCIE ROBEQUAIN