L'UNION DEPARTEMENTALE FORCE OUVRIEREDE COTE D'OR COMMUNIQUE :
Secteur Presse Mazuir Gérard
> Presse confédérale
Questions de bon
sens
Article de Gérard Mazuir, Secrétaire confédéral, paru dans FO Hebdo n°2852
Le 15 mai dernier, négligeant la forte réprobation des agents de la fonction publique, en grève et manifestant dans les rues en nombre
(450.000), le président de la République a mis à profit de communiquer sa proposition de légiférer sur le service minimum à l’école, dédaignant d’évoquer les problèmes propres à ce qui crée
le mécontentement des fonctionnaires dont il est le patron. Ce concept du dialogue n’est pas digne de la fonction.
Ce 22 mai, jour de grèves et de manifestations, où 700.000 salariés du public et du privé revendiquent dans toute la France pour leur retraite et leur pouvoir d’achat, le secrétaire d’État
chargé de la fonction publique déclare que la grève est un «mode de réclamation qui est certainement daté», revenant sur l’idée de faire porter un brassard pour se déclarer gréviste tout en
continuant à travailler. Le même jour, le site www.lefigaro.fr posait la question de savoir: «Êtes-vous favorable à ce que l’on remplace la grève par le port d’un brassard “en grève” sur le
lieu de travail?» 17.968 internautes ont participé à cette mini consultation: plus de 60% ont répondu oui.
Quand le sieur Santini parle de brassard, il pro-fère la pire crétinerie qui soit. Quelque peu bonhomme et humoriste, il est président à vie du prix Iznogoud, qu’il a notamment reçu pour sa
célèbre formule: «La différence entre un cocu et un député, c’est que le premier n’est pas obligé d’assister à la séance.» Pendant les vingt années où il a été député, il a donc peu ou prou
participé à l’élaboration des quelque 9.500 lois qui régissent les citoyens de la République en 180 000 décrets et arrêtés à en perdre son latin de citoyen, car «nul n’est censé ignorer la
loi», et la Constitution autorise le droit de grève. Cette grève peut d’ailleurs être tournante, perlée, du zèle, sauvage, avec occupation et piquet de grève, sectorielle,
interprofessionnelle, générale, jusqu’à satisfaction des revendications… Brassard ou pas brassard… Service minimum ou pas…
Pourquoi ne pas demander aux salariés en congé de porter un brassard labellisé «vacances» tout en continuant à travailler, ou bien au salarié souffrant badgé «malade» pour les comptes de la
Sécu, ou bien encore à un salarié pensionné qui continue à bosser, au vu de sa petite retraite, avec un brassard «en retraite»? Quand une société libérale est liberticide à ce point, elle
devrait porter le label «au service de la connerie».
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