Vous avez gagné ? Parlez-en ! - 230908


LE SERVICE JURIDIQUE DE L'UNION DEPARTEMENTALE FORCE OUVRIERE DE COTE D'OR COMMUNIQUE :


JULIE VERMON, APPRENTIE DANS UNE BOULANGERIE DE BONDUES (NORD)

Elle a récupéré 2.000 euros pour des heures supplémentaires non payées. En un mois.

En 2000, je faisais mon apprentissage dans une boulangerie, à Bondues, dans le Nord. C’était mon premier employeur. On avait trois semaines en entreprise et une semaine d’école. Au centre de formation, c’était nickel, d’ailleurs j’ai eu mon CAP. Mais à la boulangerie, ce n’était pas pareil. On était deux apprenties, une employée et la patronne et, en fait, ça se passait mal. La patronne était tout le temps méchante. Elle était agressive quand elle parlait, on ne faisait jamais bien, elle n’était jamais contente. En plus, elle ne me payait pas toutes mes heures. Du mardi au samedi, c’était 7h - 12h et 15h - 19h. Le dimanche, c’était 6h - 13h. Parfois, je montais jusqu’à quarante-cinq ou cinquante heures par semaine. Comme à Noël et au nouvel an. On commençait à 4h du matin et on finissait à 19h30 le soir. Non-stop. On ne pouvait même pas aller fumer une cigarette. Il fallait faire la vente, s’occuper du magasin, des commandes, laver tous les soirs, laver les comptoirs tous les jours. Le balai, la serpillière, il fallait vraiment entretenir le magasin. Pour la formation, en fait, elle nous laissait faire et quand ça n’allait pas, elle nous le disait! Au début, elle nous a expliqué comment marchait la boutique, et après, on se débrouillait.

Au mois de décembre j’avais fait deux cents heures, mais elle m’a payée au tarif normal, comme si je n’avais pas fait d’heures en plus. On en a parlé avec mes parents et comme mon père fait partie de FO, il m’a aidée et on est allés aux prud’hommes. Ça s’est très bien passé. Ils m’ont bien défendue. J’ai eu deux mille euros de dommages et intérêts pour non-paiement des heures supplémentaires. J’avais noté toutes mes heures au cours de mes deux années et avec les feuilles de paye, on a fait le calcul.

On ne s’est pas laissés faire. Quand la patronne a su, elle a changé de couleur, mais elle a payé.

Et ça s’est passé en conciliation. Il n’y a pas eu besoin d’aller jusqu’au jugement. En tout, ça a duré un mois.


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