CRISE MONÉTAIRE: ET TANT PIS POUR LES TRAVAILLEURS ! - 091008
9 Octobre 2008
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LE SERVICE COMMUNICATIONS DE L'UNION DEPARTEMENTALE FORCE OUVRIEREDE
COTE D'OR VOUS INFORME DE
Questions de bon sens
Article de Gérard Mazuir, Secrétaire confédéral, paru dans FO Hebdo n°2865
Qu’on le veuille ou non, le capitalisme est bien malade des bassesses innommables d’une financiarisation exacerbée de l’économie.
Les dirigeants politiques européens nous ont fait croire que seule l’Amérique souffrait de ces turpitudes. Aussi, il n’est pas besoin d’être devin pour apprécier l’effondrement général du
capitalisme mondial tombé cul par-dessus tête: les États-Unis étatisent à coups de milliards de dollars d’argent public, les banques de la Chine communiste seraient à l’abri des méfaits de la
bulle spéculative! En France, les dirigeants s’ingénient à clamer que l’on ne craint rien du côté bancaire, même s’ils injectent un milliard d’euros du jour au lendemain pour sauver Dexia,
banque d’investissement franco-belge qui prête énormément aux collectivités territoriales. Le président de la République et de l’Union européenne a déclaré vouloir assainir et moraliser le
capitalisme mondial de New York à Toulon, distinguant le capitalisme financier de l’économie réelle. Ce faisant, il oublie totalement les termes de ce que le candidat qu’il était à l’époque
suggérait à la revue Banque en avril 2007: «Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d’Europe. Or, une économie qui ne s’endette pas suffisamment, c’est une économie qui ne
croit pas en l’avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain.» Sans lendemains qui chantent, il aurait dû mieux s’imprégner des concepts de John Maynard Keynes (1883-1946) qui, tout
en voulant maintenir les principes de l’économie de marché, préconisait une intervention des pouvoirs publics pour assurer le plein emploi par une démarche fiscale et monétaire favorisant la
consommation. Un de ses principaux disciples, John Kenneth Galbraith (1908-2006), mort trop tôt pour constater la justesse de ses écrits, affirmait dans son ouvrage Les Mensonges de
l’économie*: «On ne peut anticiper avec certitude le comportement futur de l’économie, le passage des périodes fastes à la récession ou à la dépression et vice-versa… comme les prévisions
correspondent à ce que les autres veulent entendre et qu’ils souhaitent en tirer profit ou obtenir un retour sur investissement, l’espérance ou le besoin l’emportent sur la réalité. Voilà
comment, sur les marchés financiers, nous faisons fête et ouvrons grands les bras à une erreur fondamentale.» Et tant pis pour les travailleurs actifs ou retraités.
* Les Mensonges de l’économie, J. K. Galbraith. Éditeur Grasset – octobre 2004.
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