DRÔLES DE JEUX - 301008

LE SERVICE COMMUNICATIONS DE L'UNION DEPARTEMENTALE FORCE OUVRIERE DE COTE D'OR VOUS INFORME DE :

Questions de bon sens


Article de Gérard Mazuir, Secrétaire confédéral, paru dans FO Hebdo n°2868

 
Le président de la République a assigné en référé la société K&B, maison d’édition et créatrice de «poupées vaudoues». Le tribunal de grande instance de Paris se prononcera ce mercredi sur le fait de savoir si «Le Manuel vaudou» porte atteinte à l’image du chef de l’État en demandant son retrait – ou pas – des librairies. En appui d’une biographie peu amène, l’ouvrage propose une poupée vaudoue que l’acheteur peut piquer avec douze aiguilles à pointe ronde pour jeter un sort à sa guise sur l’un des thèmes inscrits sur la figurine, tels que: «Travailler plus pour gagner plus», parmi d’autres «racaille», «test ADN» ou «immigration choisie»… Le vaudou, culte animiste, mélange de pratiques magiques et de rituels, se caractérise en particulier par l’application d’aiguilles sur des poupées de chiffon pour jeter des sorts. Outre la candidate au dernier tour de l’élection présidentielle en France, l’éditeur du «Vaudou kit» a aussi épinglé en son temps, aux États-Unis, George W. Bush et Hillary Clinton. Il en est des jeux de société comme des modes. Pour autant, il est également important de savoir que le jeu le plus vendu au monde est le Monopoly, commercialisé depuis plus de soixante-dix ans par la société Parker Brothers et inventé par Charles B. Darrow, vendeur d’équipements de chauffage, devenu chômeur après le Krach de 1929. Pour faire simple, chacun des huit joueurs potentiels a le droit d’acheter un terrain, au moment où il se trouve sur la bonne case, à condition d’en avoir les moyens, sans quoi le banquier le met aux enchères sans prix de départ préétabli.

Au hasard du jeu, le joueur vainqueur est le dernier n’ayant pas fait faillite, qui possède de ce fait un monopole. Bien sûr, mieux vaut acquérir les Champs-Élysées ou l’avenue de Neuilly que le boulevard de Belleville ou la rue Lecourbe car, depuis 1933, date de création du jeu, rien n’a changé – on le voit bien avec la présente crise. L’éditeur du Monopoly a cependant eu le nez fin après le premier choc pétrolier en 1973 puisque, dès 1975, il crée le jeu de la Bonne paye: la vie de tous les jours, ses factures, ses coups ou ses manques de chance, ses loyers à payer, les réparations en tout genre, les prêts à court terme, le livret de la Caisse d’épargne, le débit de la carte bancaire, les fins de mois difficiles…

En vertu de quoi toute ressemblance avec des faits réels, qui font montre que les banques sont en faillite mais pas les banquiers et que ce sont toujours les mêmes qui payent, aura de quoi conjurer le sort avec les aiguilles de la poupée vaudoue.


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