«DES ROLEX POUR LES ACTIONNAIRES DES KLEENEX POUR LES SALARIÉS» - 101108

LE SERVICE COMMUNICATIONS DE L'UNION DEPARTEMENTALE FORCE OUVRIERE DE COTE D'OR VOUS INFORME DE :

 Molex


Les salariés d’une entreprise de sous-traitance automobile se battent pour empêcher la délocalisation de leur usine en Slovaquie. Pour FO, le projet est d’autant plus inacceptable que l’unité de production de Haute-Garonne est rentable.


 «J'en profite pour dire aux entreprises (…) que je n'accepterai pas les stratégies cyniques et opportunistes (…). Je pense à ceux qui pourraient utiliser la crise ambiante pour justifier des réductions d'activité et d'effectifs, qui n'ont manifestement rien à voir avec elle (…). Ceux qui essayeront de jouer à ce jeu-là sont prévenus: le gouvernement sera intraitable». Quelques jours après ce discours martial qu’il a prononcé le 28 octobre dernier dans les Ardennes – voir notre article du 31 octobre – le président Nicolas Sarkozy a une occasion aujourd’hui de passer des paroles aux actes en se penchant par exemple sur le cas de Molex (ex SNECMA-SAFRAN). Ce groupe de sous-traitance automobile, dont l’actionnaire américain veut délocaliser en Europe de l’est une usine située à Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) qui est rentable et gagne de l’argent.

Le groupe Molex en quelques chiffres, c’est le numéro deux mondial dans son secteur (connecteurs automobiles) avec 3,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires réalisé par 33.000 salariés répartis sur 40 sites un peu partout dans le monde, un résultat net en 2008 de 215 millions de dollars, des capitaux propres supérieurs à 2,3 milliards de dollars et une trésorerie disponible supérieure à 600 millions de dollars. «La direction du groupe prend prétexte de la crise économique pour brader nos emplois. C’est inacceptable dès lors que l’on sait que notre usine affiche des résultats positifs. À Villemur, le bénéfice a doublé, passant 600.000 euros en 2007 à 1,3 million d'euros en 2008 grâce à l’investissement de ses 290 salariés», a rappelé jeudi Thierry Bonhoure, délégué syndical FO à l’issue d’un comité d'entreprise (CE) extraordinaire où la direction a tenté de justifier la fermeture du site pour raison économique.

«On a vu mieux comme bilan accablant!», s’est étranglé encore le délégué FO, en indiquant que «les dirigeants de la multinationale (propriété d’un fonds de pension) ont doublé le dividende des actionnaires entre 2006 et 2008 et affecté 60% des liquidités dégagées (275 millions d’euros) pour acheter des actions du groupe avant de les détruire pour soutenir son cours en bourse». Autant d’argent qui ne sera pas reversé dans la force du travail de Molex. En tout cas en France sachant que l’usine de Villemur a déjà perdu 60 emplois en quatre ans, quand le site du groupe en Slovaquie augmentait ses effectifs de 600 personnes. Ce pays où précisément doivent être délocalisées, en juin 2009, les activités du seul site français.

«Nous allons nous battre jusqu’au bout contre ces dérives du capitalisme qui, sans émouvoir les pouvoirs publics, laissent des déserts industriels et à l’abandon les travailleurs qui créent les richesses avec leur sueur», a prévenu Thierry Bonhoure. Les salariés de Molex pourront au moins compter sur le soutien de la population et des élus de Villemur-sur-Tarn (6.000 habitants) qui ont participé jeudi massivement à «une journée ville-morte». Sous des pancartes fustigeant les actionnaires: «des Rolex pour les actionnaires des kleenex pour les salariés», près de 4.000 personnes ont défilé dans les rues de cette ville-campagne où la plupart des commerces avaient fermé en signe de solidarité avec les salariés. Une mobilisation sans précédent dans la commune à l’appel de l'intersyndicale (FO, CGT, CFDT, CGC, CFTC) soutenue par des élus de tout bord. Les syndicats devraient être reçus lundi prochain à Paris par Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la Consommation et porte-parole du gouvernement. On verra alors si ce dernier se montrera vraiment «intraitable» avec ce type d’entreprises aux «stratégies cyniques et opportunistes».

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