4 Janvier 2009
LE SERVICE COMMUNICATIONS DE L'UNION DEPARTEMENTALE FORCE OUVRIERE DE
COTE D'OR VOUS INFORME DE
Au moins 20.000 suppressions d’emplois
ne sont pas liées à la crise
La crise a bon dos. Parmi la multitude d’entreprises, grandes ou moyennes, qui ont annoncé des suppressions de postes dans les mois à venir, certaines le font par
pur opportunisme financier, comme le révèle notre tableau. Au regard de leurs résultats et bénéfices, leurs plans de licenciements n’ont rien à voir avec de quelconques difficultés économiques.
Pendant que la crise sociale frappe à la porte de dizaines de milliers de salariés poussés vers la sortie, les gros actionnaires continuent de percevoir des centaines de millions d’euros de
dividendes.

Parmi les vagues de licenciements ou de « départs volontaires » les plus massives, nous avons ciblé dix grandes entreprises et multinationales. Additionnés, les emplois qu’elles s’apprêtent à
détruire représentent plus de 40% des 52.700 suppressions de postes annoncées ou redoutées [1] au 1er décembre 2008 (soit 22.357 victimes de « restructurations »). Loin de connaître les réelles
difficultés économiques que rencontrent des centaines de PME, ces dix entreprises affichent un « résultat net » en 2007 qui oscillent entre 700 millions et 8 milliards d’euros. Le résultat net,
c’est le patrimoine financier que l’entreprise a accumulé sur une année d’activité, une fois les salaires (y compris ceux des dirigeants) versés, les coûts de production déboursés, les éventuels
investissements effectués, les bénéfices engrangés et les impôts acquittés. Ce résultat net sert ensuite soit à rémunérer les actionnaires, soit à renforcer les fonds propres de l’entreprise.
En 2008, pour les entreprises qui ont publié leurs bénéfices (pour le premier semestre ou les neufs premiers mois), ce résultat net reste très honorable malgré la récession. Il diminue
légèrement, stagne, ou même augmente dans le cas du groupe informatique Hewlett-Packard - qui a annoncé 580 licenciements en France et 25.000 dans le monde – et du géant pharmaceutique Pfizer qui
réduit de moitié ses effectifs dans l’Hexagone. Une seule société enregistre un effondrement de son résultat net : la Caisse d’Epargne, dont 4.500 salariés vont payer les erreurs d’un trader
responsable de la perte de 751 millions d’euros en octobre et les errements financiers de la filiale Natixis [2].