6 Octobre 2009


«Après cet exercice de démocratie participative et cet engouement, on va évidemment demander le gel du projet [de transformation de La Poste en société anonyme, ndlr] et l'ouverture d'un grand débat public sous une forme qui reste à déterminer mais qui devra rassembler toutes les parties prenantes», a ajouté Nicolas Galepides, élu syndical Sud-PTT et membre du conseil d'administration de La Poste depuis 2000. «On ne peut pas laisser retomber le soufflé. On ne va pas se contenter de demander un rendez-vous au président de la République et rester à attendre devant le téléphone, il y a une vraie attente des gens», a-t-il estimé.
«Un processus démocratique d'ampleur»
Le mouvement altermondialiste Attac, l'une des 62 organisations composant le comité, s'est également félicité du succès de la votation citoyenne dans un communiqué, parlant d'un «succès considérable» et de «près de 2 millions de participants».
«C'est un processus démocratique d'ampleur qui s'est effectué, preuve de l'attachement de la population au grand service public de proximité qu'est La Poste. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement et du président de la République», explique l'association.
Attac exige le gel d'un projet qu' «aucune raison ne justifie, sinon le fait d'entamer un processus de privatisation refusé par nos concitoyens», et «l'organisation d'un référendum sur le sujet».
Forte mobilisation dans les zones rurales
Le comité national travaillait dimanche à dessiner la carte des zones les plus votantes tout en constatant d'ores et déjà «une forte concentration dans les quartiers populaires et les zones rurales où le problème est le plus cuisant», selon Nicolas Galepides.
Le comité organisateur (Comité national contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal) regroupe une soixantaine d'organisations, partis, syndicats (pas la CFDT) et associations.
Dimanche, alors qu'en principe la votation était terminée, des scrutins ont encore eu lieu sur des marchés, selon les responsables, tandis que le téléphone n'arrêtait pas de sonner à la mairie du IIe arrondissement où le comité a implanté son QG: «les gens appellent pour regretter de ne pas avoir pu voter».