3 Avril 2007


Améliorer la répartition des richesses par un meilleur salaire reste un des premiers impératifs revendicatifs de la Confédération Générale du Travail Force Ouvrière.
La teneur des différentes études de l’INSEE, du CERC et du CREDOC confirme de manière opportune, avant la campagne officielle pour les élections présidentielles, la situation sociale des salariés français, maintes fois évoquée par FO.
Tout concorde à dire qu’un salarié sur deux gagne moins de 1,6 fois le SMIC, cependant que la proportion de travailleurs rémunérés au SMIC est passée de 11% en 1987 à 17% en 2006. Ce salaire minimum concerne 2,5 millions d’employés. Aussi, chaque année, 40% de salariés voient leur salaire baisser, parmi eux les nouveaux retraités et les 7 millions de travailleurs pauvres.
En outre, le phénomène de déclassement de certains salariés a doublé en vingt ans. Cette descente – vexatoire s’il en est – dans l’échelle sociale est passée de 3 à 7% de la population active: une ouvrière qualifiée sur neuf a malheureusement connu ce processus par la reconversion des emplois de l’industrie dans ceux dits de service ou autres travaux à temps partiel obligatoire. Les jeunes générations, d’une manière générale, craignent de vivre moins bien que leurs aînés, même les plus diplômés. Ce en quoi ils ont raison quand on sait qu’il y a vingt ans, le salaire annuel d’un cadre moyen trentenaire pouvait permettre d’acheter 9 m2 de logement neuf contre 4 m2 seulement aujourd’hui. Ils ont même deux fois raison s’ils observent le faire et le dire du patronat, prêt à entreprendre sans usine pour tirer la meilleure productivité, non pas au sens de produire des biens de consommation, mais de considérer la valeur du travail, donc du salaire, comme variable d’ajustement de la valeur capital pour la rentabilité financière et les actionnaires.
À cette situation économique et sociale préoccupante, le simple fait de vivre et de faire ses emplettes ajoute aux difficultés quotidiennes. Après les effets d’aubaine du passage du franc à l’euro (plus 5% en moyenne), la baguette de pain a augmenté de 23%, le journal de 10%, la nourriture de base de 15% en moyenne, le sandwich de 53%, le petit noir au comptoir de 44%, le timbre-poste de 17%, les transports en commun à Paris de 20%, les loyers de 30% en moyenne, le carburant de 40%, la facture de gaz-électricité de 19% et les produits d’hygiène de 24%.
Après quoi il ne sera pas étonnant d’apprendre, selon une enquête de la Banque de France, que les deux tiers des dossiers de surendettement comprennent en moyenne six crédits renouvelables –crédits revolving– qui servent dans un cas sur cinq à boucler les fins de mois.
INSEE: Institut national de la statistique et des études économiques.
CERC: Centre d’études sur les revenus et les coûts.
CREDOC: Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie.
Les chiffres qui font débat, Thomas Hugues et Benjamin Dard, éditions Michel Lafon, 18 euros.
Du franc à l’euro – La vérité sur les prix, sous la direction de Jean Viard, éditions de l’Aube, 6,90 euros.
Les classes moyennes à la dérive, Louis Chauvel, éditions du Seuil, 2006.
