2 Avril 2013
L’austérité va-t-elle bientôt frapper la
politique familiale? Le gouvernement veut faire 2,2 milliards d’économies dans la branche famille de la Sécurité sociale pour la ramener à l’équilibre en 2016. Le président du Haut conseil de la
famille, Bertrand Fragonard, a été chargé en janvier par le Premier ministre de remettre un rapport, fin mars début avril, sur lequel l’exécutif s’appuiera pour prendre des décisions. En
attendant, les «ballons d’essai» continuent de pleuvoir.
Le mois dernier, le président de la Cour des comptes, Didier
Migaud, avait estimé que l’imposition des allocations familiales pouvait «être mise sur la table». Cette idée –à laquelle FO est opposée car elle amènerait aujourd’hui des ménages modestes non
imposables à payer des impôts– semble s’éloigner. La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a affirmé le 19 mars qu’elle n’y était pas favorable «à titre personnel». Le lendemain,
Gérard Bapt, député et rapporteur du budget de la Sécurité sociale, formulait dans une interview au quotidien Les Échos une nouvelle proposition: réduire de moitié les allocations familiales,
au-delà d’un niveau de revenu équivalent au plafond retenu pour la prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE). Ce qui correspond à environ 53.000
euros pour un couple avec deux enfants et un peu plus de 61.000 euros pour une famille avec trois enfants. Le député suggère en outre de supprimer le complément de mode de garde, une aide à la
garde des enfants, pour les familles dont les ressources annuelles excèdent 53.000 euros. Deux mesures qui se traduiraient respectivement par un gain d’un milliard et de deux milliards d’euros,
mais qui toucheraient rudement certaines familles.