26 Juin 2012
Plus question de rembourser. Telle est la décision
prise en décembre par la commune iséroise de Sassenage (11 200 habitants), laquelle a annoncé qu’elle n’acquitterait plus les intérêts de ses prêts contractés il y a quelques années auprès de la
banque Daxia (mise en faillite en 2011). Pour cette commune endettée jusqu’en 2042, les intérêts d’emprunts sont passés en effet de 170 000 euros en moyenne par an jusqu’en 2010 à plus de 600 000
euros en 2011. Pourquoi? Les prêts relèvent d’un produit bizarrement nommé Tofix. Or, contrairement à son nom, il présente des taux de remboursement variables car indexés sur le cours du franc
suisse. Des taux susceptibles d’exploser en cas d’écart important entre l’euro et le franc suisse... ce qui est le cas. Comme plus de cinq mille autres communes, Sassenage est donc une victime
des «emprunts toxiques», ces prêts structurés à taux variables, indexés sur des monnaies étrangères dont les fluctuations de cours peuvent entraîner une hausse des taux d’intérêt. En 2011, la
Cour des comptes estimait que les communes avaient contracté pour 30 à 35 milliards de ces emprunts, dont 10 à 15 milliards seraient particulièrement risqués.