Un quart des jouets analysés par la répression des fraudes est «non conforme et dangereux», indiquait, le 17 décembre dernier, le nouveau secrétaire d’État à la
Consommation, Frédéric Lefebvre. Des chiffres bien en dessous des diverses enquêtes réalisées récemment. Une étude de l’Institut national de la consommation (INC) relevait il y a quelques mois
que sur soixante-six jouets analysés, trente renfermaient des substances chimiques potentiellement dangereuses et un magazine de défense du consommateur vient de titrer: «Sous le sapin, ça
craint». Le secrétaire d’État joue bien sûr sur les mots: si les trois quarts des jouets sont conformes, c’est-à-dire qu’ils respectent la législation, cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas
dangereux.
Quelques jours auparavant et suivant l’exemple de la Belgique, il avait suspendu, pour trois mois, la vente des tapis puzzles, un article déjà très
largement vendu en France et qui contiendrait des particules de formamide. Ce produit chimique est nocif lorsqu’il est inhalé ou ingéré et irritant pour les yeux et la peau, comme vl’avaient déjà
dénoncé en 2009 des associations de consommateurs belge, italienne, portugaise et espagnole. Cette annonce, faite quelques jours avant Noël, est un cache-misère de l’étendue du manque de
contrôles effectués sur les millions de jouets en France, dû à la RGPP (Révision générale des politiques publiques). Au nom de cette dernière, les effectifs et les moyens de la Direction générale
de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ont été diminués. Sans compter son atomisation administrative. Façon... puzzle. Alors que seuls les contrôles se
montrent efficaces. Rappelons que l’étiquette CE indique seulement que le fabricant affirme respecter les réglementations. «Il faut, comme partout, proportionner les contrôles aux risques et aux
enjeux», affirme un responsable du ministère des Finances. Et c’est bien là le problème.
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