22 Février 2013
Enseignement
Plus de 60% des enseignants du primaire
étaient en grève le 12 février pour exiger l’abrogation du décret Peillon modifiant les rythmes scolaires, à l’appel des fédérations FNEC FP FO, FERC CGT, SUD Éducation, FAEN. Le SNUipp-FSU avait
aussi appelé à la grève sur ses propres positions. À Paris et dans les principales villes de province, les profs, mais aussi des parents d’élèves, sont massivement descendus dans la rue. Près de
12.000 dans la capitale, pour aller au ministère de l’Éducation nationale, mais le ministre n’a pas reçu les fédérations –il n’a d’ailleurs toujours pas répondu à l’avertissement des personnels
en grève contre son décret. En revanche, les pouvoirs publics ont reçu les délégations dans les départements où là aussi on manifestait: 3.000 à Lyon par exemple, 1.000 à Rennes, 700 à Grenoble.
Il y avait deux cortèges dans les Pyrénées-Atlantiques, avec 700 personnes à Pau, 500 à Bayonne.
Toulouse, où la semaine de quatre jours et demi existe déjà dans le primaire, était elle aussi très mobilisée. Quelque 600 enseignants de Haute-Garonne en grève sont
descendus dans la rue mardi pour dénoncer le «bricolage» et le «flou» des réformes. Partout les mêmes questions reviennent sur les horaires des enseignants après 15h30 ou au moment du déjeuner,
le taux d’encadrement pendant les périodes en dehors des cours.
RETRAIT DE LA RÉFORME ET NON son REPORT
Une
enseignante à Colomiers, dans la banlieue de Toulouse, est venue avec ses deux enfants en bas âge pour contester le «côté bricolage où chaque commune pourra décider». Un autre est venu de
Lussan-Adeilhac, à l’autre bout du département, pour manifester contre le projet de refondation de l’école: «Actuellement, les programmes sont les mêmes partout. Avec la territorialisation, ce
serait la fin de l’école de la République.»
«Le ministre avait raison au moment de la concertation de l’été dernier, quand il indiquait qu’aucune réforme de l’école ne peut se faire contre les enseignants», a
souligné FO le 7 février devant un nouveau Conseil supérieur de l’Éducation (CSE). «Après la grève d’avertissement du 12 février, la voie de la sagesse c’est l’abrogation du décret sur les
rythmes scolaires et la remise à plat de tout le projet de loi.» À ceux qui ne demandent que le report du décret sur les rythmes scolaires en 2014, les enseignants ont répondu par retrait,
abrogation, abandon. «Ainsi dans les Hauts-de-Seine, constate Norbert Trichard (SNUDI FO), où seules deux communes prétendent mettre en place le décret dès 2013, il y avait 80% de grévistes, pour
l’abrogation pure et simple.»
Dès le 12 février au soir, la FNEC FP FO a proposé à ses homologues de demander une audience urgente au ministre de
l’Éducation nationale.
Ce point et la question des suites à donner à la mobilisation devaient être discutés le 18 février, en fin d’après-midi, les fédérations se réunissant au siège de
FO, à Montreuil.