
Aujourd’hui, les agents de la fonction publique
territoriale et hospitalière sont en grève contre les réformes structurelles et les restrictions budgétaires qui mettent à mal le service public et leurs statuts. Ils revendiquent en outre une
augmentation de 5% des salaires, alors que la valeur du point d’indice est gelée depuis trois ans. La Fédération FO des Services publics et de Santé (SPS FO) est à l’origine de cette mobilisation
nationale avec une manifestation à Paris. Un appel qui s’inscrit dans l’action confédérale contre l’austérité, dans la suite du meeting national du 24 janvier et de la mobilisation du 5 mars
contre l’ANI du 11 janvier.
FO REVENDIQUE DES MOYENS BUDGÉTAIRES ET HUMAINS
«Les personnels qui travaillent dans les collectivités territoriales et les établissements du secteur de la santé subissent de plein fouet les conséquences des politiques d’austérité et de la
baisse des dépenses publiques. Les reculs sociaux se multiplient et la précarisation gagne de plus en plus de terrain, explique Didier Bernus, Secrétaire général de la Fédération, nous
revendiquons l’octroi de moyens budgétaires permettant d’assurer un service public de qualité.»
Dans la fonction publique territoriale, les agents sont confrontés aux effets de la loi de décentralisation de novembre 2010, qui, en redécoupant les compétences des collectivités territoriales,
aboutit à un regroupement de certains services publics et donc à leur affaiblissement.
La mise en place de cette réforme entraîne d’ores et déjà des non-remplacements de personnels et une dégradation des conditions de travail. Les fonctionnaires territoriaux s’inquiètent également
des conséquences de l’acte III de la décentralisation, voulu par François Hollande, qui va transférer de nouvelles compétences de l’État aux collectivités territoriales. Ils demandent en outre
l’abandon du projet de création d’une collectivité unique en Alsace, qui fusionnerait les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et la Région Alsace.
Du côté des établissements hospitaliers, la fédération FO revendique l’octroi des moyens financiers et humains nécessaires à un bon accès aux soins de la population et au rétablissement de
conditions de travail décentes. Elle demande aussi l’abandon de la loi Hôpital, patients, santé, territoires, un texte qui a appliqué à l’hôpital des méthodes de gestion venant de l’entreprise.
Didier Bernus, son Secrétaire général, s’inquiète en outre de la baisse des tarifs hospitaliers: «C’est encore un manque à
gagner pour les établissements, qui n’auront
d’autre solution pour le compenser que de réduire les dépenses de personnels.
Trente-cinq mille emplois sont potentiellement menacés.»
Le mouvement du 4 avril a reçu l’appui de la confédération FO, de la Fédération générale FO des Fonctionnaires (FGF FO), de la Fédération de l’Enseignement (FNEC FP FO) et de la Fédération de
l’Action sociale (FNAS FO). Un soutien qui participe au développement de la mobilisation.