FO
Hebdo: Êtes-vous surprise par le dépôt de bilan? Nadine Hourmant: Je savais que l’entreprise était lourdement endettée et qu’elle n’était pas en mesure de payer les salaires de mai. Je m’attendais pour l’été au
mieux à un plan social, au pire à un dépôt de bilan, je l’avais dit dans la presse. Depuis le rachat de Frangosul (groupe brésilien) en 1998, on a au moins un PSE par an. En 2011, le dernier site
allemand a fermé ainsi que le site de Champagné-Saint-Hilaire. On avait beau tirer la sonnette d’alarme, personne ne voulait nous écouter.
FO Hebdo: Quel genre de patron est Charles Doux? Nadine Hourmant: Il est antisocial. Les salaires n’ont pas augmenté depuis 2008, la grille des salaires est tellement tassée qu’on est tous à 9,22 euros l’heure,
les nouveaux comme les anciens. Même pour les accords handicap et seniors qu’on a réussi à signer, le bilan est négatif! Le matériel aussi est vieillissant, il n’y a pas
d’investissements.
FO Hebdo: Gardez-vous espoir pour l’avenir du groupe? Nadine Hourmant: On va déjà voir si Charles Doux, qui a 75 ans, est autorisé à rester à la tête de l’entreprise. On veut comprendre pourquoi il a refusé les 35
millions et ce qu’il compte faire du groupe. Le risque c’est qu’il cherche à le démanteler pour gagner un peu de trésorerie. On met aussi en garde contre les super parachutes dorés. La filière
n’est pas en danger, il y a des moyens de travailler, à condition d’avoir les outils adéquats. Aujourd’hui on est en période électorale, tous les partis s’en mêlent, mais il ne faudra pas nous
oublier après le scrutin. Doux, ce sont 3 400 salariés qui ont besoin de vivre. Ils ont en moyenne 40-50 ans, avec vingt ans d’ancienneté, beaucoup sont peu qualifiés, un reclassement serait très
difficile.
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