LA CSI APPELLE SES AFFILIÉES À SE MOBILISER CONTRE LA RÉPRESSION DES MANIFESTATIONS
Bruxelles, le 11 janvier 2011 (CSI En Ligne)
La Confédération syndicale internationale a lancé un appel à ses organisations affiliées dans le monde entier pour qu’elles se mobilisent contre la répression violente exercée par les forces de
l’ordre tunisiennes contre les manifestants. De source syndicale, plus de cinquante personnes auraient trouvé la mort dans les affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants, qui
ont également fait de très nombreux blessés.
Pour rappel, c’est le suicide d’un jeune vendeur ambulant à Sidi Bouzid suite à la confiscation de sa marchandise par les autorités qui, le 17 décembre dernier, a déclenché ce mouvement de
révolte. En quatre semaines, ce mouvement a dépassé la région du centre socio-économiquement défavorisée pour s’étendre à la capitale Tunis et à d’autres villes du pays.
Lundi 10 janvier, le président Zine El Abidine s’est engagé à créer 300.000 emplois en 2011 et 2012 pour juguler le chômage et a assimilé les mouvements de révolte à « des actes terroristes
». La CSI appelle à la concrétisation de ces promesses d’emplois bienvenues, ainsi qu’à l’arrêt immédiat de la répression violente et à l’ouverture d’un véritable dialogue avec la
population tunisienne, en faveur d’un développement plus équitable. La CSI se joint à son affiliée tunisienne, l’UGTT, et exprime sa solidarité avec la population dans sa revendication d’un
modèle de développement lui garantissant l’égalité des chances, le droit à un travail décent et des opportunités d’embauche qui procurent un revenu stable à même de subvenir a ses besoins.
« Initier un vrai dialogue est une nécessité urgenteen Tunisie » a déclaré Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI. « Les manifestant sont des jeunes désespérés qui cherchent seulement un
moyen de s’en sortir. Il en va de la responsabilité des autorités tunisiennes de mettre tout en œuvre pour y parvenir. En outre, nous rappelons que les personnes détenues doivent être
relâchées sans délai. Le gouvernement doit s’acquitter des obligations qui lui incombent en vertu du droit international en ce qui concerne le respect des droits syndicaux et des libertés
fondamentales, notamment la liberté d’expression.»