PREMIÈRES RENCONTRES AVEC M. SARKOZY

Dialogue social
 
    Le nouveau président reçoit les dirigeants des syndicats et du patronat pour tenter de les rassurer sur la méthode qu’il compte employer pour ses réformes.

Avant sa prise officielle de fonction demain, le nouveau président, M. Sarkozy, a tenu à recevoir un à un les interlocuteurs sociaux. Il doit s’entretenir ce matin avec Jean-Claude Mailly (FO) et Jacques Voisin (CFTC), après avoir rencontré lundi François Chérèque (CFDT), Bernard Thibault (CGT), Bernard Van Crayenest (CGC), et les leaders des trois organisations patronales (MEDEF, CGPME, UPA). À travers ces entretiens bilatéraux, M. Sarkozy veut affirmer sa volonté de réforme dans le respect du dialogue social. C’est en tout cas ce qu’ont rapporté ses premiers visiteurs.
«Aucun sujet n'a été abordé sur le fond, nous étions uniquement sur la méthode de travail» et M. Sarkozy «nous a affirmé qu'il ne voulait pas mettre les organisations syndicales en difficulté», a indiqué ainsi François Chérèque (CFDT). «Nous n'avons pas le couteau sous la gorge», a estimé Bernard Van Crayenest (CGC). Le nouveau président lui a indiqué que s'il avait «été élu sur un mandat clair pour réformer le pays», il était tout aussi «conscient des risques de blocages et d'affrontements» que ces réformes peuvent causer, d’où sa «volonté de travailler sur des voies de consensus». D’après Bernard Thibault (CGT), M. Sarkozy, qui a souhaité «qu'on ne lui fasse pas de procès d'intention», a «affirmé sa volonté de dialoguer avec les syndicats avant que les décisions ne soient prises». La CGT en a «pris acte» tout en craignant que «certaines organisations puissent être plus entendues que d'autres», allusion au «patronat».

De ce côté-là, la présidente du MEDEF, Laurence Parisot a, c’est vrai, quelques difficultés à dissimuler son «enthousiasme» pour les réformes promises par le nouveau président pendant sa campagne électorale (voir notre article du 10 mai 2007). Il a promis notamment l’instauration d’un service minimum, l’institution d’un contrat unique et la défiscalisation des «heures sup’». M. Sarkozy «veut s'attaquer aux dossiers qui ont été des facteurs bloquants de notre société ces dernières années. Il est très sensible à l'avis des partenaires sociaux: à celui du MEDEF, mais pas seulement», a déclaré Mme Parisot, avant d’ajouter que le patronat doit maintenant «articuler» le travail qu'il a «entamé avec les organisations syndicales (sur l’UNEDIC et les parcours professionnels, NDLR) avec les projets du prochain gouvernement». Rien que ça!

C’est pourquoi le dirigeant de FO, Jean-Claude Mailly, a averti hier, avant même sa rencontre avec le nouveau président, dans les colonnes de Libération, qu’il n'était pas question pour son organisation de «négocier si l'on nous dit voilà le résultat auquel vous devez arriver». L’avertissement vaut pour le futur gouvernement comme pour le patronat.

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