L’ÉTAT DANS TOUS SES ÉTATS

Questions de bon sens
Article de Gérard Mazuir, Secrétaire confédéral, paru dans FO Hebdo n°2808

 

Dans son train-train habituel, le citoyen-électeur n’a pas obligatoirement remarqué combien durant la longue campagne électorale récente les services de la fonction publique statutaire ont assuré, comme il le leur revient, la continuité du fonctionnement de l’État et des collectivités par la compétence et la neutralité des fonctionnaires, tant décriés depuis tant d’années et peu considérés durant le mandat de l’ancien président de la République et celui de l’ex-Premier ministre, au demeurant fort discrets et absents. Cela tend à démontrer, s’il en était besoin, la loyauté et la compétence de quelque sept millions d’agents de la fonction publique, mais aussi la vertu des lois et règlements qui régissent leurs droits et leurs obligations, même si leur droit à rémunération a été honteusement galvaudé tout au long de ce quinquennat.

Et l’on apprend cette semaine que les effectifs de la fonction publique ont baissé de 9.500 emplois en 2006, contre 5.430 suppressions d’emplois initialement prévues.

Le budget 2007, quant à lui, prévoit 15.000 suppressions de postes de fonctionnaires, dues pour l’essentiel aux départs en retraite, mais comme le nouveau président de la République s’est engagé à ne remplacer qu’un départ à la retraite sur deux, cela revient à dire que 30.000 emplois seront éradiqués, hors les transferts de compétence.

Au moment même de ces annonces, les services publics ploient sous la charge de travail, notamment à la répression des fraudes où la consommation implique un plus grand nombre de plaintes, à la campagne, dans les banlieues. À l’hôpital, les personnels hospitaliers n’en peuvent plus, comme l’explique depuis longtemps la Fédération FO Santé qui a calculé le nombre d’heures supplémentaires cumulées: «760.000 aux hospices civils de Lyon, 420.000 au CHU de Montpellier, 210.000 à Strasbourg, 133.000 à Belfort, plusieurs millions à l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris.»

Pour autant, une nouvelle réforme de l’État est en marche par un drastique redécoupage des ministères dont les attributions viennent d’être publiées au Journal officiel, un gouvernement resserré, composé de quinze ministres et d’un Premier ministre, comme un état-major en ordre de marche, le chiffre seize pouvant rappeler, en effet, le contingent limité des maréchaux du premier Empire… Toute une histoire…
 
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