15 Juin 2007
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Article de " Les Echos " du jeudi 14 juin 2007
LUCIE ROBEQUAIN
Fidèle à ses propos de campagne, Nicolas Sarkozy ne compte accorder aucun coup de pouce à la hausse du SMIC au 1er juillet. Sauf surprise, sa revalorisation se limitera donc à 2 %, ce qui portera son niveau à 8,44 euros brut de l'heure.
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| La revalorisation de 2 % portera le salaire minimum à 8,44 euros brut de l'heure et à 1.279 euros brut par mois. |
Les bonnes surprises s'accumulent pour les entreprises. En plus d'allégements de charges sociales sur les heures supplémentaires, celles-ci se préparent à une hausse modérée du salaire minimum, qui interviendra, comme chaque année, le 1er juillet. Contrairement à l'an dernier, le gouvernement est en effet décidé à n'accorder aucun coup de pouce à la hausse du SMIC.
« Le coup de pouce, je le donnerai à tous les salaires, et non uniquement au SMIC, qui concerne 17 % des salariés », avait prévenu Nicolas Sarkozy tout au long de la campagne présidentielle. Les 2 millions de salariés payés au SMIC vont également pâtir du faible niveau d'inflation, qui, couplé à l'évolution du salaire ouvrier, détermine le niveau de revalorisation automatique du salaire minimum. Au 1er juillet, celui-ci sera relevé de 2 %, ce qui correspond à l'évolution de l'indice des prix de mai 2006 à mai 2007 des ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé (1,2 %), augmentée de la moitié de l'évolution du pouvoir d'achat du salaire ouvrier (0,8 %).
Cette revalorisation, qui doit être discutée en Commission nationale de la négociation collective le 25 juin et en Conseil des ministres le 27, portera le salaire minimum à 8,44 euros brut de l'heure et à 1.279 euros brut par mois. Elle est inférieure aux augmentations consenties dans les années 1990, où le salaire minimum avait augmenté de 15 % sur cinq ans (1990-1994), puis de 16 % (1995-1999).
Elle est surtout sans commune mesure avec les hausses des dernières années, notamment celle de 2005 (+ 5,5 %). Depuis 2003, le relèvement du SMIC a en effet été d'autant plus important qu'il a permis de faire converger les six niveaux de « salaire plancher » existant dans les entreprises, selon la date d'entrée en application des 35 heures. Cette convergence s'est achevée en 2005. Les hausses successives ont été largement compensées par les allégements de charges « Fillon », s'élevant, aujourd'hui, à plus de 18 milliards d'euros. L'an dernier, la progression du SMIC a ralenti (+ 3,05 %), dont 0,3 % de coup de pouce accordé par Dominique de Villepin.
La valorisation prévue au 1er juillet va décevoir les syndicats, qui attendent des gestes forts en faveur du pouvoir d'achat. De fait, à ce rythme de 2 % l'an (qui implique une faible inflation), le salaire minimum n'atteindrait que 1.412 euros au 1er juillet 2012. Loin des 1.500 euros qu'avait promis Ségolène Royal.
Le gouvernement met en avant les exonérations de charges sur les heures supplémentaires, mais la CFDT, la CGT et la CGC se sont déjà prononcées contre l'avant-projet de loi, au motif qu'il pénaliserait une part importante des salariés (temps partiels, forfait cadres, etc.) et aurait des effets négatifs sur l'emploi.
Les syndicats critiquent également le projet de TVA sociale, qui risque selon eux de peser sur les ménages peu aisés. La faible augmentation du SMIC leur apparaîtra d'autant plus injuste que l'Etat supprime, également au 1er juillet, les 2,1 points de charges patronales restant au niveau du SMIC dans les établissements de moins de 20 salariés. Un allégement du coût du travail qui représente 370 millions d'euros en 2007, le double en année pleine.