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Par Jean-Claude Mailly Secrétaire général de FO |
Ces derniers jours, le thème de l’identité nationale a fait irruption dans la campagne électorale.
Il est pour le moins curieux de mettre en avant l’identité nationale tout en ayant approuvé les modalités actuelles de la construction européenne.
Alors que les gouvernements successifs ont accepté la primauté dogmatique du marché, qu’ils ont dilué ou abandonné certaines de leurs fonctions, parler d’identité nationale fait froid dans le dos, tant le terme est lourd de connotations inquiétantes. C’est aussi une façon de ne plus aborder les questions clés: emploi, salaires, protection sociale collective et pouvoir d’achat. Et ce n’est pas en stigmatisant l’immigration ou en brandissant des drapeaux qu’on réglera les problèmes, bien au contraire.
Parler d’identité nationale c’est aussi évacuer l’identité républicaine qui, elle, a une vocation universelle et constitue, historiquement, une spécificité française. Défendre les valeurs républicaines (liberté, égalité, fraternité, laïcité) c’est défendre une conception universaliste, c’est défendre les valeurs et droits collectifs, source de droits individuels, c’est défendre les services publics et l’articulation des différents niveaux de négociation collective.
Ce sont aussi les valeurs républicaines et la liberté d’association qui ont permis le développement du paritarisme.
C’est pourquoi il y a un lien fort entre la promotion des valeurs républicaines, l’augmentation du pouvoir d’achat, le plein emploi, la lutte contre la précarité et l’existence de régimes de protection sociale collective, solidaires et égalitaires.
C’est pourquoi, également, comme nous ne cessons de le répéter, la question économique joue un rôle essentiel.
Sous l’effet du capitalisme libéral et de la prétendue libre concurrence, la compétitivité a conduit, par exemple, à vouloir modérer, voire diminuer le coût du travail, en pesant sur les salaires, les cotisations sociales et le volume de travail. Autant de recettes en moins pour tous les régimes de protection sociale collective.
La compensation (non intégrale) des exonérations de cotisations sociales, dites patronales, se traduit par un transfert sur la collectivité nationale, donc sur le budget de l’État, de plus de 20 milliards d’euros destinés à compenser financièrement la perte subie par les régimes sociaux. Sauf que le dumping social continue, ainsi que la volonté de diminuer le coût du travail et qu’aujour-d’hui on décrète la dette insupportable!
Résultat: il faut réduire les droits ou les privatiser. C’est cette logique-là qu’il faut combattre, au niveau national et européen notamment.
Ajoutons-y les dérives et abus liés à la directive européenne sur le détachement des travailleurs de 1996. Faute de contrôle, de plus en plus de travailleurs viennent en France sans toucher les mêmes salaires et droits sociaux. Qui est responsable? Les entreprises qui les emploient et les gouvernements qui laissent faire.
De toutes ces questions, les travailleurs en ont conscience, tout simplement parce qu’ils les vivent quotidiennement.
Et c’est là-dessus qu’ils attendent de la cohérence et des réponses.
Avec l’identité nationale ce sont aussi les questions de sécurité qui reviennent sur le devant de la scène, comme en 2002. Là aussi il faut faire attention aux amalgames et aux éventuelles provocations.
De la même manière qu’il est faux et dangereux de rendre les enseignants responsables du chômage, il est dangereux de rendre les policiers responsables des problèmes de sécurité.
Comme l’explique le SGP-FO, les liens sont distendus entre les jeunes et la police, et les policiers jouent souvent le rôle, aujourd’hui, de couvercle de la Cocotte-Minute.
En tout état de cause, ce n’est pas en étant cocardier, nationaliste ou poujadiste qu’on répondra aux attentes et revendications, bien au contraire.
Comme le disait Coluche: le coq est le seul animal qui chante les deux pieds dans la m...
Par Jean-Claude Mailly Secrétaire général de FO |
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