Le communiqué de l’Elysée à l’issue de la réunion au Fort de Brégançon du 20 août dernier confirme la rigueur en vigueur et le dogme d’une réduction du déficit
public à 6% du PIB en 2011 en intervenant essentiellement par des suppressions dans les dépenses publiques et par des baisses de l’intervention de l’Etat.
Les effets de cette politique économique de diminution de l’action et de la puissance publiques seront accentués par le fait que le gouvernement revoit d’ores et
déjà sa prévision de croissance pour 2011 à 2% au lieu des 2.5% affichés jusqu'à maintenant.
Les annonces défavorables du début de l’été sont ainsi réaffirmées (sur les baisses des dépenses de l'Etat et des transferts de l'Etat aux collectivités
territoriales, sur le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite, sur le gel du point d'indice des fonctionnaires en 2011, sur la décroissance de l’ONDAM, etc) et les
ministères mettent déjà en œuvre les 150 nouvelles mesures de l’acte 2 de la RGPP tout en instaurant des suppressions de missions et d’effectifs supplémentaires.
Les niches fiscales et sociales concernées par une baisse de l’ordre de 10 Mds d’euros ne sont pas précisées. Pour autant, il est prévisible que celles concernant
les entreprises, les plus aisés et le capital seront préservées et que c’est une nouvelle fois une grande majorité des salariés qui seront impactés.
Pour la cgt-FO, cette « ricession » gouvernementale, mêlant rigueur et récession, est non seulement inacceptable socialement mais économiquement
suicidaire et contreproductive.
A l’occasion de cette réunion, le président de la République et son Premier ministre n’ont évoqué ni la situation dégradée de l’emploi, ni celle inacceptable
concernant les salaires, ni les inégalités pourtant criantes ou la situation sociale tendue et inquiétante.
Une réunion imposée et un communiqué de "bon élève" pour garder la note AAA suite à l'injonction récente d’une agence de notation. Cela consiste en un palier
supplémentaire visant à préparer l’opinion à une rigueur encore plus rigide à la rentrée de septembre, notamment à travers la préparation des budgets des ministères pour 2011, la réforme des
collectivités territoriales, la suppression d’aides publiques sociales ou pour l’emploi, les attaques contre les droits et les rémunérations des fonctionnaires et bien entendu la réforme des
retraites.
Le Fort de Brégançon, Fort Alamo pour l’économique française, s’est transformé en « Fort Milliards » : le jeu ne consiste malheureusement pas à en
faire gagner à la société de façon redistributive mais à les protéger pour les plus riches et à en supprimer aux salariés et aux citoyens de la République sociale.
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