Neolait > UNE ENTREPRISE FLORISSANTE MALMANEE - 061210
6 Décembre 2010
Rédigé par UDFO21 et publié depuis
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UNE ENTREPRISE FLORISSANTE MALMENÉE PAR UN FONDS DE PENSION
Après son rachat par fonds d’investissement, le fabricant d’aliments pour bétail en fait voir de toutes les couleurs à ses salariés. Ses nouveaux dirigeants ne
connaissent que les intérêts des actionnaires. Les salariés ont décidé de riposter.
en 1945 et spécialisée dans la fabrication et la vente d’aliments pour animaux (moutons, bovins, porcs) de quelque 37.000 exploitations agricoles
françaises, Neolait est une société florissante employant environ 400 salariés répartis sur deux sites de production à Yffiniac (Côtes-d’Armor) et Baudrières (Saône-et-Loire). «En 60 ans, elle
n’a connu aucun confit social», aime à rappeler d’emblée le délégué syndical FO Jean Luc Penguilly, avant de détailler les raisons de la colère des salariés qui empêchent depuis une dizaine de
jours la direction d’accéder aux sites de l’entreprise, dont le siège à Trégueux (Côtes-d’Armor). Le climat social s’est dégradé peu après le rachat en 2007 de Neolait par Provimi, propriété d’un
fonds de pension britannique (Permira). Selon le délégué syndical, «les nouveaux dirigeants ont commencé par remplacer progressivement les cadres de la société par des "managers" venus d’ailleurs
tout en nous laissant dans l’incertitude la plus totale quant à l’avenir de l’outil industriel». Et « plus nous faisions de bénéfices, moins nous en bénéficions et moins nous avions de budget
pour l'investissement sur l'usine et sur le retour en salaire», ajoute FO.
En Novembre 2009, peu après la fermeture d’un site composé de 14 personnes, la nouvelle direction a présenté un plan de restructuration pour
rentabiliser la société au maximum pour les actionnaires. Les salariés décident alors de ne pas se laisser faire. Venus de toute la France, les trois quart d’entre eux manifestent devant le siège
pour rejeter les restructurations projetées. La direction se dit alors prête à étudier un projet de rachat de l'entreprise par les salariés (RES). Prenant leurs dirigeants au mot, 374 salariés
sur les 388 que compte l'entreprise acceptent et réunissent toutes les conditions pour faire aboutir ce projet avec l’aide de partenaires financiers viables et après les conseils d’un grand
cabinet d’experts. «Et surtout une énorme envie de le faire et de prendre en main leur destin plutôt que de subir», souligne Jean Luc Penguilly. En juillet 2010, le propriétaire de Neolait
rejette finalement le projet de RES présenté par les salariés en affirmant que l’offre était «inférieure de 40 à 50% aux attentes de l'actionnaire». Et ce alors même que le prix proposé dans le
cadre dudit RES était déjà supérieur à celui susceptible d’être pratiqué sur les marchés. Pour FO, «il est probable que le groupe n'a jamais voulu céder Neolait à ses salariés. La direction s’est
sans doute retrouvée prise à son piège». Depuis, Provimi a décidé de s’en prendre à tous ceux qui ont porté à cœur ce RES, en licenciant notamment trois des cadres mandatés pour le finaliser.
L'atmosphère s’est dès lors passablement dégradée au sein de l’entreprise avec la mise en place d’un management «fait de menace, de mensonge et manipulation et pression en tout genre».
La situation est aujourd’hui bloquée. Les syndicats demandent de rencontrer directement le PDG qui est actuellement aux Etats Unis. Ils réclament
également la désignation d’un médiateur par le préfet. En vain. En attendant, les accès de l’entreprise restent interdits aux dirigeants par la grève tournante des salariés. «On ne lâchera pas de
sitôt», prévient le délégué syndical FO.
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